Cercle pour l'aménagement du territoire


HOMMAGE A PIERRE MADAULE

Quelques mois après Olivier Guichard, un autre pionnier de la première heure de la DATAR, Pierre Madaule nous a quittés. Avec Philippe Lamour, Jean Labasse, Antoine de Tavernost et le recteur Guy Debeyre, il faisait partie de l’équipe des hommes des régions qui ont accompagné la DATAR dès l’origine en 1963.
Pierre Madaule était l’homme du sud-ouest, de la région Midi-Pyrénées, du Tarn et je dirais même de Castres, sa ville natale, où il avait gardé son domicile tout en continuant à servir à Toulouse comme à Paris.
Pierre, en effet, a joué un rôle efficace aux deux niveaux, régional et national. Délégué général du Comité régional d’expansion économique de Midi-Pyrénées et du Tarn, il a présidé le Comité économique et social de la région Midi-Pyrénées pendant 18 ans, de 1974 à 1992. Simultanément, il a été, à Paris, une des chevilles ouvrières du Conseil National des Economies Régionales et de la Productivité (CNERP), un membre actif du Conseil économique et social dont il a présidé la section de l’Economie régional et de l’aménagement du territoire. Pour le Délégué à l’aménagement du territoire, il était un précieux conseiller, faisant remonter de la base les sentiments des responsables qui, dans leur région, étaient tout à la fois les promoteurs d’une politique d’aménagement du territoire active et les défenseurs des intérêts locaux. Dans ce rôle d’utile intermédiaire, il apportait son solide bon sens, une de ses vertus principales, il évitait à la DATAR les embûches des jalousies régionales.
A titre personnel, j’ai beaucoup profité de ses conseils. J’entends encore sa voix chaude, légèrement traînante, avec son bon accent du sud-ouest, me prodiguant d’utiles recommandations. C’était un ami ; je l’avais malheureusement un peu perdu de vue ces dernières années. Je n’oublierai pas non plus qu’il avait été un grand résistant. Une déportation avait laissé chez lui des traces physiques qu’il cachait avec une grande pudeur. La cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur avait justement reconnu tous ses mérites tant sur le plan de la résistance que sur le plan de ses actions au service de l’aménagement du territoire.
François ESSIG

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