Pierre Mirabaud dialogue avec le Cercle
lors de l’Assemblée Générale du 23 mars 2005

car c’est une condition qui lui est nécessaire pour vivre et pour être efficace. Cette proximité du Premier Ministre lui permet d’être influente et de garantir la pérennité de la politique d’aménagement du territoire. Son rattachement au ministre chargé de l’aménagement du territoire d’avoir une incarnation au sein du gouvernement, un pilote politique de son action et un portage de ses politiques.

 

Cette politique, Pierre Mirabaud la définit en deux mots simples et forts : solidarité et compétitivité. Solidarité entre les territoires afin d’assurer à toutes leurs populations ce à quoi elles ont droit. Compétitivité pour conforter les territoires, pour progresser et pour être capable de conduire les politiques de solidarité nécessaires.

 

 

 

 

 

 

 

Hervé NORA

 

Accueillant Pierre Mirabaud, nouveau Délégué à l’aménagement du territoire, lors de l’Assemblée Générale du 23 mars 2005, Hervé Nora, Président du Cercle, a tout d’abord rappelé que la vitalité du Cercle ne s’était pas démentie en 2004. Avec 6 réunions – débat, un voyage d’étude à Madrid, 4 numéros de la Lettre du Cercle totalisant en tout 28 articles, et la rénovation et le référencement du site du Cercle (www.cpat.asso.fr), 2004 a en effet été une année d’intense activité.

Hervé Nora a profité de ce bilan pour remercier Pierre Mirabaud pour son hospitalité avant de résumer les attentes et les préoccupations des membres du Cercle venus nombreux pour l’écouter :

-    quelle peut-être, aujourd’hui, une politique d’aménagement du territoire dans le cadre de la décentralisation et de l’Europe ?

-   quel peut-être le rôle du Cercle pour aider à la définition et à la mise en œuvre de cette politique ?

En réponse aux propos de bienvenue d’Hervé Nora, Pierre Mirabaud rappelle tout d’abord que la Datar, instrument essentiel de la politique gouvernementale d’aménagement du territoire, tient en partie sa force dans le réseau des Datariens.

Ce ne sont en effet ni son budget, ni son pouvoir prescriptif, mais avant tout son influence et sa capacité à animer et dynamiser le travail des autres qui peuvent en faire un outil efficace.

 

A ce titre, le Cercle pour l’aménagement du territoire est, pour la Datar et pour son Délégué, l’une des voies leur permettant de garder un lien à la fois amical et actif avec ceux qui ont œuvré et continuent à œuvrer pour l’aménagement du territoire.

Pierre Mirabaud rappelle ensuite que la Datar est et restera une « maison du Premier Ministre »

 
Zone de Texte: Sommaire
•  PIERRE MIRABAUD DIALOGUE AVEC  LE CERCLEHervé NORA	1
• CRITIQUE DE LA  PLANIFICATION STRATEGIQUEJean-Paul LACAZE	3
• ACTUALITE DE LA PROSPECTIVE TERRITORIALESylvie ESPARRE	  5
• LA PROSPECTIVESerge ANTOINE	 7
• LA PROSPECTIVE ET L’AMENAGEMENT DU TERRITOIREJean ROGER	 7
• LES RESULTATS DU RECENSEMENT   DE 2004 OU DU DANGER DES POURCENTAGESJean-Paul LACAZE	10
• COMMENT APPREHENDER, SE REPRESENTER UN   TERRITOIRE COMPLEXE ?Esther DUBOIS	12
• PAGE D’HISTOIRE : LA RENOVATION RURALEJean MICHARDIERE	14
• POUR UNE NOUVELLE APPROCHE DE    L’AMENAGEMENTPierre RAYNAUD	15
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Serge ANTOINE

 

En complément de l’exposé de Jean-Paul Lacaze, (avec lequel Serge Antoine est entièrement d’accord), ce dernier veut éviter de parler de nouveau de souvenirs et renvoie à l’article du dernier bulletin du Cercle (1) sur la prospective à la Datar de 1963 à 1975. Il rappelle que, dans cette salle, Bertrand de Jouvenel, Fernand Braudel, et bien d’autres sont venus ; parmi eux aussi Hugues de l’Estoile qui donnait des cours de prospective….

 

Serge Antoine évoque trois grands vecteurs de la prospective.

 

1/ Etre un instrument de liberté. A l’inverse pas de prospective sans liberté, même s’il y a une commande précise et ciblée.

Dans le monde, certains l’ont appris en souffrant. Pavel Apostol que nous avons vu mourir à Paris, sorti de la Roumanie de Caucescu ; Ismaël Sabri Abdalla à qui il doit beaucoup, qui a écrit en 1975 « Arab Alternative Futures » et a connu, en Egypte, 7 ans de prison.

 

2/ Etre un instrument de gouvernance. A géométrie variable et en « diachronie », les décisions prennent leur place. La prospective n’est pas la planification. Elle donne du relief au politique. Elle est aussi vecteur de participation. Il n’y a pas de prospective qui ne soit pas en partie sociétale. La population, les acteurs doivent dire quelle société ils veulent. C’est le développement « souhaitable ». Il faut aussi faire appel aux sciences humaines. Le premier, Paul Delouvrier a fait entrer géographes, sociologues etc…. dans les équipes de réflexion urbaine. Il faut affirmer le choix des valeurs.

 

A la Datar, cette ouverture sur la société a été constante depuis la « commission 85 » présidée par P. Massé en 1965. On n’a pas fermé la Datar (même au temps des « 30 glorieuses ») sur un avenir certain et des équipements conquérants. Virgil Barel, Lefebvre, étaient à l’aise ici. Il faut savoir que la prospective peut se tromper. Elle est même là pour cela : c’est un exercice d’inquiétude constructive.

 

3/ Ce peut-être (mais seulement si on le veut), un instrument de décentralisation. Il peut y avoir une prospective jacobine mais aussi une prospective qui laisse la main aux acteurs, territoriaux, par exemple et à la « société civile ». On peut mieux faire en France (2).

 

S.A.

 

      (1) voir aussi l’ouvrage du groupe Passet auquel il a participé il y a 10 ans « Héritiers du FUTUR ».

 

(2)  Serge Antoine est encore engagé aujourd’hui dans la prospective : au Comité 21 sur le développement durable, au Plan Bleu avec la prospective des 20 pays riverains de la Méditerranée et à la Datar où il doit présider un groupe de prospective.

 

 

 

 

Jean  ROGER

Ancien Commissaire à l’aménagement des massifs de l’Est

 

Note de réflexion

La prospective et l’aménagement du territoire

 

Que répondre à la question de fond « Quelle société voulons-nous en 2020 (par exemple) pour nos enfants et petits enfants ? » alors que plus de la moitié des emplois dans 20 ans nous sont inconnus ?

Comment, en fonction de ce futur (méthode des scénarii), devons-nous éclairer le présent et les décisions à prendre (par les politiques) pour donner une « parité de chance » à chacun. L’égalitarisme est une notion dépassée.

 

Je m’appuie, pour cela sur quelques travaux, notamment :

- les travaux du Xe Plan

. groupe de prospective sur la gestion des espaces naturels

. les espaces naturels : un capital pour l’avenir.

- Contribution au 40e congrès du CNERP : nouvelle problématique « rural urbain » pour des « territoires vivants »

- Territoires 2020 : 7 volumes

- Nouveaux zonages de l’INSEE

. aires urbaines / espace à dominante rurale

. l’évolution de l’organisation territoriale des services et des emplois (pour 2002 et 1996)

 

1 – Il ne faut plus confondre « rural » et « agricole »

 

Mais d’ou vient la confusion ? Au début de la société féodale, le « paysan » est l’habitant du « pagus », c’est-à-dire du « pays ». On vivait une population avec une histoire dans un milieu sociologique et culturel. Le mot « payse » utilisé de nos jours marque bien cette solidarité avec les « gens du pays ».

 

Mais dans le même temps se développait la cité (polis en grec) et la gestion, l’administration de la cité, c’est la politique – et c’est à la ville que va exercer peu à peu le pouvoir. Le territoire situé autour de la ville s’appelle la campagne (rus).

 

Les deux communautés, celle de la ville et celle de la campagne, vont donc s’organiser mais la ville devient lieu d’échanges (commerce, marchés, financier, etc…) Sa population s’accroît et se concentre, ce qui facilite le développement de l’industrie et de l’artisanat et du commerce (XIXème siècle).

 

L’exode agricole devient alors le corollaire nécessaire au développement de la société. Celui qui habite la campagne, le rural (rus en latin) et celui qui habite la ville (urbs en latin) vivent souvent côte à côte.

Mais dans l’attitude des « politiques » gestionnaires de la cité, la ville devient synonyme de progrès et d’avenir. D’où les idées simplistes qui se sont répandues et perdurent encore de nos jours.

 

Avenir  = modernisation = progrès = développement = urbanisation

Passé = traduction = folklore = rural = agricole

 

Car le paysan (homme du pays) est devenu un agriculteur (fonction de production et de mise en valeur) puis un chef d’entreprise (depuis 1945) et responsable d’une activité économique qui a sa place dans la société.

 

Sous le second Empire (Napoléon III) époque du développement économique et urbain, ce qui n’était pas urbain était rural. Et le rural se définissait comme « résiduel ». Et c’est un décret de 1863 qui définissait l’urbain comme l’ensemble des habitants vivant dans des communes de plus de 2 000 habitants agglomérés. La commune rurale se trouvait donc être celle dont la population agglomérée était inférieure à 2 000 habitants. Et comme de 1863 à 1950, la population ainsi définie comme rurale était essentiellement composée d’agriculteurs, la confusion rural/agricole s’est profondément ancrée dans l’esprit des « politiques » et dans le public.

 

2 – La mutation des trente dernières années

 

Or un changement en profondeur s’est accentué. Sur les « 32 000 communes » de moins de 2 000 habitants (recensement de 1990) vivaient 14 000 000 d’habitants sur 85 % du territoire national. Et sur les 7 000 000 d’exploitations agricoles recensées, la population agricole représentait 20 % de la population rurale. Bref, 4 ruraux sur 5 n’appartiennent plus au monde agricole. C’est dire que le développement économique social et culturel du territoire non urbanisé ne peut être le seul fait du secteur agricole. N’oublions pas qu’il n’y a plus que 6 cantons ruraux au sens de l’INSEE en 1990 (sur 1 700 cantons ruraux) où les producteurs agricoles sont majoritaires.

 

Comme disait Mendras, c’est bien la fin de la société à base paysanne. Mais dans le même temps, nous assistons à la naissance d’une nouvelle ruralité qui est une chance pour la société de demain. Les travaux de Xe Plan déjà évoqués ont montré que l’opposition et la distinction rural/urbain était devenue obsolète et appartenait au passé. Si définir le rural est mission impossible, c’est que la ruralité est essentiellement de type qualitatif, d’un mode de rapports qu’entretient la société locale avec son environnement.

 

A côté des territoires urbanisés de façon irréversible, les territoires non urbanisés sont une chance pour l’avenir de la France et de l’Europe. C’est dans ce contexte que nous avons utilisé les travaux de l’INSEE, de l’INRA et de la DATAR ;

 

 

 

3 – On ne confond plus Espace et Territoire

 

En simplifiant, le territoire est fini, limité, vis à vis de ses voisins. Cela correspond à un découpage de type administratif, issu de l‘histoire. Ainsi, pour notre pays, avec la paroisse (devenue commune), le département, la région, nous avons la moitié des collectivités de base sur l’Union Européenne.

 

L’espace sous-tend une globalisation qui déborde largement des limites administratives et prend en compte les notions de paysage et les rapports environnementaux entre ce qui est urbanisé et ce qui ne l’est pas. L’espace est un milieu chargé d’un passé social et culturel. A titre d’exemple, la notion de pays telle que la loi Pasqua l’envisageait illustre cette différence.

 

Le pays est un espace  de solidarité, de services, où s’élabore un projet développement qui va s’inscrire dans un territoire (communes, cantons) et qui peut regrouper les espaces urbanisés et des espaces encore dits ruraux.

 

4 – Les derniers documents de l’INSEE

 

Ils distinguent (depuis 1990) :

- des aires urbaines (espaces à dominante urbaine) cadre des pôles urbains, des couronnes périurbaines, des commerces multi polarisés ;

- des espaces à dominante rurale et qui sont considérés sous l’angle de l’emploi ; on a ainsi

* des pôles d’emploi de l’espace rural (1 500 emplois),

* des couronnes des pôles d’emploi (40 % des actifs vont travailler dans un pôle rural ;

- d’autres communes de l’espace à dominante rurale (ni pôle d’emploi de l’espace rural ni dans la couronne).

 

On détermine ainsi :

- les pôles de services intermédiaires et les communes bien équipées (16 équipements constituant la gamme des services

-  les zones urbaines 1999

-  l’organisation territoriale de l’emploi et des services (édition 2002) INSEE/INRA/DATAR.

 

A partir de ces documents et des notes explicatives qui les accompagnent, on peut tenter de se projeter en 2020 : quels projets voulons-nous ? Et suivant la réponse, on peut modifier les « territoires » dans lesquels nous vivons, sans avoir osé les changer jusqu’à maintenant.

 

On parle de « décentralisation » ? Alors, comme disait un de nos collègue du Cercle, « Chiche, faisons la !». Je renvoie d’abord au travail de réflexion fait par Michel Debré au lendemain de la libération, qui préconisait le regroupement des « communes », d’arriver à 45 départements et à 10 régions. Mais il ajoutait …. « On ne peut modifier, en démocratie, les habitudes territoriales qu’en période révolutionnaire ou postrévolutionnaire ! ».

 

5 – Nouveaux territoires

 

Si les projets du futur ne sont pas les prolongations des courbes, il faut avoir en tête deux idées de base.

a)       Faire avec le temps : ceux qui ont des statuts, des avantages de nos jours… se les gardent jusqu’à leur mort à titre personnel. Et aujourd’hui, on prépare les statuts pour les responsables de la société de demain (structures administratives publiques et collectivités territoriales – forces vives du secteur des PME et de la recherche).

b)       Prévoir un calendrier où les projets du futur s’inscriront dans des territoires déterminés. Ces territoires deviennent alors des « espaces vivants » (sans oublier les insertions des territoires de l’Europe de demain).

 

Nous pourrions ainsi avoir sur le long terme (2020) des « espaces » avec de vrais moyens.

 

1)       Des espaces de vie quotidienne avec problème de l’environnement immédiat ; c’est un niveau  intercommunal qui s’impose (utiliser d’ici là toutes les procédures intercommunales avec réforme fiscale), syndicat mixte, communauté de communes, communauté d’agglomération, EPCI, etc…

 

2)       Des espaces d’actions, actions qui correspondent aux « pays » et aux bassins d’emploi ; faut-il regrouper les « pays » en une structure héritée du département ? peut-être dans certains cas : héritier de la Révolution, le département actuel n’a pas dans l’avenir sa raison d’être.


 

3)       Des espaces d’intervention forte : c’est la Région, voire la « macrorégion », qui convient pour l’intervention économique et l’aménagement du territoire. Il faut « profiter » de la décentralisation pour revoir le découpage (cohérence européenne), le financement et les compétences. La Région actuelle est mal adaptée (cf § Europe) mais il convient de croire que le développement durable (le vrai) au sens du rapport Bruntland à la Conférence de Rio est possible mieux qu’il faudra beaucoup de courage !

 

4)       Des espaces d’intégration : c’est évidemment l’Europe.

 

Cette distinction des espaces et des territoires qui les composent implique une réforme fiscale importante (distinction du rôle du Ministère de l’Economie qui décide et du Ministère des Finances qui donne les moyens). Les collectivités territoriales, les structures de l’Etat sont à la base du nouveau découpage de la France. Et tout cela suppose que, d’ici 15 ans, nos réflexions seront bien de type horizontal avec des instances de régulation et de médiation. L’ère des projets « verticaux » est révolue. Il convient désormais de raisonner en global.

 

L’Avenir ne nous appartient pas. Il est à nos enfants et petits enfants. Et l’on ne regarde plus le passé (« le mon temps » est une expression non prospective) mais on se persuade que l’on n‘entre pas dans l’avenir à reculons. Et s’il y a volonté, il y aura chemin.

J.R

         Jean-Paul LACAZE

 

Les résultats du recensement de 2004

ou du danger des pourcentages

 

La presse vient de présenter les chiffres du recensement général de la population en 2004.résultats. Cette présentation n’échappe pas au travers coutumier de ne commenter que les pourcentages de variation dans les régions en oubliant le volume des flux correspondant. Le grand démographe Alfred Sauvy, l’un des précurseurs des réflexions sur l’aménagement du territoire, mettait ses étudiants en garde contre les illusions d’optique qui résultent de ce travers en leur posant le problème suivant :

 

Le problème d’Alfred Sauvy

 

L’âge du grand-père augmente de 2% par an.

L’âge de son fils augmente de 4 % par an.

L’âge de son petit-fils augmente de 50 % par an.

 

Quand le petit-fils sera-t-il plus vieux que son grand-père ?

 

(L’énoncé signifie que le grand-père a 50 ans, le fils 25 ans et le petit-fils 2 ans ; ces écarts d’âge resteront bien entendu constants)

 

 

 

En réalité, le classement des régions dans la course à la croissance démographique change sensiblement suivant que l’on retient comme indicateur les taux de variation annuelle ou le nombre d’habitants supplémentaires enregistré entre les deux recensements successifs.

L’indicateur du taux moyen de variation annuelle entre 1999 et 2004 incite à pousser l’analogie du tour de France cycliste. En tête un échappé, le Languedoc-Roussillon affiche un taux record de 1,4 %.

 

Nettement derrière, un peloton de dix coureurs roule à des vitesses proches les unes des autres un peu au-dessus de la moyenne générale de 0,58 %. Le maillot jaune, l’Ile de France, se tient prudemment en queue du peloton, encadré par l’Alsace et Poitou-Charente ; il surveille ainsi les gros bras, Midi-Pyrénées (1,05%), Aquitaine (0,96%), et Rhône-Alpes (0,88 %) qui contrôlent la tête de ce peloton suivis d’un outsider,  la Corse dans la roue du précédent, puis des Pays de la Loire (0,76 %) de la Bretagne (0,73%) et de PACA (0,72 %). Loin derrière, un peloton de coureurs peine avec des taux compris 0,32 et 0,14, suivis de trois attardés, Bourgogne et Limousin à moins de 0,1 % et de la lanterne rouge, Champagne-Ardennes à moins 0,2 %.

 

La seconde moitié de la liste correspond à la grande zone d’ombre qui entoure l’Ile de France et englobe le bassin parisien, les régions de vieille industrie de la frontière nord et le massif central.

 

 

 

Dans ce classement, la place réelle de l’Ile de France est doublement sous-estimée, d’abord en raison du biais dénoncé par Sauvy et aussi parce que le système urbain polarisé par Paris déborde largement les limites de l’Ile de France. Plusieurs dizaines de milliers de personnes actives résidant dans la zone d’ombre viennent ainsi chaque jour renforcer, par leur énergie et leur compétences, le potentiel de la région capitale au détriment  de leurs régions de résidence.

 

Le classement par nombre de personnes supplémentaires par région et par an donne une toute autre liste qui se présente comme suit, en chiffres absolus et en pourcentages de la croissance totale de la population française, 350.000 habitants en moyenne annuelle. Dans ce cas, les pourcentages ne déforment pas la réalité : 1% signifie cette fois 3.500 habitants en chair et en os et non une abstraction. Les ordres de grandeur sont les suivants :

 

L’Ile de France  a gagné             65.000 habitants  par an, soit 18,5 % du total

Rhône-Alpes                  51.000 et 14,5 %

PACA                                       36.000 et  10 %

Languedoc-Roussillon    34.000 et 10 %

Aquitaine                        29.000 et 8 %

Midi-Pyrénées                28.000 et 8 %

Pays de la Loire             25.000 et 7 %

Bretagne                        22.000 et 6%

Alsace                            12.000 et 3 %

 

On peut arrêter là le classement ; au-delà les chiffres sont faibles, particulièrement celui de la petite-fille, la Corse : comme elle part de très bas, elle ne gagne en réalité que 2.000 habitants par an.

 

Le degré de précision d’un recensement par sondage ne permet plus de porter un jugement sur les places relatives. Dans les 13 régions concernées, la stabilité l’emporte sur le changement.

 

En tête de liste, l’Ile de France n’a même pas besoin de ses supplétifs extérieurs pour maintenir son rang puisqu’elle a rassemble aujourd’hui 18,7 % de la population française. Les deux régions suivantes sont les seules où la croissance  s’accompagne d’un effet de métropolisation entre les différentes villes. Ces trois premières régions s’adjugent 43 % de la croissance totale, un peu moins que les 66 % de la décennie précédente, mais la concentration vers ces trois aires majeures reste le trait dominant de l’évolution en cours.

 

Le bon classement des quatre régions méridionales résulte en partie des afflux d’immigrants étrangers, dont bon nombre de retraités aisés notamment en Languedoc où leurs achats déséquilibrent les marchés immobiliers et dont la performance apparente en taux de croissance se trouve relativisée. Enfin, les neufs régions de tête bénéficient toutes de grandes villes en expansion. Les huit régions de province concernées sont celles dont les chefs-lieux sont les plus éloignés de Paris qui reste le principal pôle des fonctions économiques régionales pour sa zone d’ombre. Au total, la concentration urbaine se poursuit sans changement notable, la dispersion des chiffres de population entre région ne cesse pas de s’élargir et la prééminence de l’Ile de France ne cesse pas de s’accroître en chiffres absolus.

 

Ce recensement appelle deux autres remarques. D’abord, l’effectif de la population totale n’est pas l’indicateur le plus pertinent pour évaluer les performances des régions. Recevoir 10.000 chômeurs ou 10.000 retraités de plus modifie peu le potentiel local. La statistique des migrations définitives entre grandes villes et entre régions pour la tranche d’âge 25-40 ans fournit une information bien plus précise sur l’attractivité de nos régions. Dans la période précédente, Toulouse a été la seule ville de province à enregistrer un solde positif dans les échanges de jeunes adultes avec Paris, et l’on constate aujourd’hui les conséquences positives qui en résultent.

Ensuite, il faut féliciter l’INSEE pour son heureuse initiative. La mise en place du nouveau système de recensement annuel va permettre de suivre de beaucoup plus près l’évolution des territoires dans un contexte économique devenu si mobile que la rapidité de l’information compte plus que la précision … à condition de prendre les bonnes lunettes pour l’interpréter !

 

J-P.L

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Esther DUBOIS                                                                            Présidente de l’association Complex’Cité

 

Complexité et territoires

 

Comment appréhender, se représenter un territoire complexe ? Comment être plus efficace en appréhendant la complexité des territoires ?

 

Le principe de « réalité » des territoires comme mode d’observation et d’action est souvent détourné. Le plus souvent la tentation est d’éviter « le réel » pour réinventer un autre monde –souvent utopique.

 

Le territoire n’est pas le résultat d’un processus linéaire, il ne peut être expliqué par un facteur unique ou par une combinaison simple de facteurs. Le  territoire en tant qu’organisation humaine est complexe. Les organisations humaines sont vivantes par nature, la finalité ou la raison d’être des organisations humaines étant un élément essentiel de la vie. La finalité étant partagée par chacun et par tous, elle peut être interprétée différemment par chacun, l’adaptation devenant donc une problématique fondamentale de la vie des territoires.

 

Le territoire est un entre-deux…… un clair-obscur. Au cas particulier, le découpage actuel de l’Agglomération de Clichy Montfermeil en cache un autre : il y a un lien certain entre les conditions de mobilité (sociales, économiques, culturelles) de la population, des entreprises…et le développement différencié de ce territoire, facteur de ségrégation.

 

La question des territoires se pose en permanence.

 

Dans un monde en évolution et en mutation rapide, la question des territoires se pose en permanence.

Les méthodes, qui ont été a la base de l’action sur les territoires, aux différentes échelles, qu’il s’agisse des Régions, des grandes Agglomérations Métropolitaines, des territoires ruraux et des pôles urbains, doivent être repensées et renouvelées.

Cela implique de quitter une logique de résultat posant les moyens (mille feuilles de procédures et police d’assurance …) avant la définition du sens. Il s’agit de « vivre la complexité des territoires » pour agir.

 

 

Pour vivre cette complexité, je suis « auteur de ma propre vie » et non pas acteur.

 

Vivre l’intelligence des territoires suppose de comprendre celle-ci et de pouvoir sortir de son propre champ professionnel pour « penser » le sensible, décoder le visible, être « soi », vivant , percevoir , se lâcher, s’ouvrir…..et se laisser prendre au jeu de cette relation qui ne s’apprend pas dans les livres, les règlements d’urbanisme.

 

Appréhender la « réalité » d’un territoire comme Clichy - Montfermeil implique de prendre pour « réalité » des richesses qui ne sont ni entièrement « pauvres » ni entièrement « riches », de faire émerger le sens  de cette richesse.

 

Les indicateurs, dans ce cadre, sont inappropriés et les modèles de développement ne peuvent être calqués. L’environnement général étant « hors du commun », un « concentré de Seine Saint Denis », « le ventre mou de la Seine Saint Denis », le « trou noir » il s’agit alors de renouveler ce territoire et le rendre lisible, d’innover.

 

Faut-il pour autant rendre ce territoire « cohérent », « structuré », « pertinent », le « simplifier », le « zoner » ?

 

La réalité de ce territoire, c’est en l’observant, en le vivant sur le terrain, vrai médiateur, que j’ai pu m’affranchir des idées reçues, des discours sur sa « complexité » qui ne correspondent à rien de sa « réalité complexe ». Que j’ai pu comprendre  que toute les solutions « pressées », « urgentes », arrêtées sous couvert de complication, ne correspondent en fait à aucune solution, mais représentent « un gâchis » pour les populations, démobilisant les acteurs eux-mêmes, l’urgence n’étant toujours pas traitée !

 

Le programme de renouvellement urbain, par sa « réduction » et l’isolement d’un quartier du reste de l’agglomération et de la Région Parisienne (les transports n’étant même pas intégrés à ce renouvellement) restent encore « un contrat d’assurance » qui n’a pas de sens. C’est une image simpliste d’une ville que l’on souhaite « dans la normalité », sa réalité étant  infiniment plus complexe. La complexité est « attractive », elle ne réduit pas et ne découpe pas le réel en tranches. Elle  donne plus de richesse au projet, par le questionnement continu, par l’émergence d’un tout autre projet que celui défini au départ.

 

La pertinence est bien ambitieuse pour un territoire ! Les organisations humaines sont-elles pertinentes ? Cette pertinence  ne laisse aucune place à la transformation, la production, la reliance…

La « cohérence », la « structuration » supposent a priori un déterminisme, une solution rassurante, rationnellement démontrée. Elles ne laissent aucune souplesse, aucune adaptation possibles, alors que ce sont le principe même d’un monde vivant.

Les comportements de la population ne sont pas cohérents ! Les déplacements se font en réseaux. Le découpage classique (domicile - travail) suppose une certaine homogénéité de l’espace et suppose que soient connues les principales relations de proximité entre les caractéristiques des lieux et des personnes.

 

Pour le Plan de Déplacement Local de Clichy Montfermeil je n’ai donc pas suivi la procédure type de définition d’un « périmètre pertinent » pour ensuite engager le travail. J’ai fait le contraire !

D’abord un travail  d’explorateur, de terrain, avec les « attracteurs de vie » lisibles  ou peu lisibles,  perceptibles  ou pas (histoire, anthropologie), notamment les lycéens et les collégiens, les entreprises, la population, l’hôpital intercommunal, les espaces de loisirs… Pour ensuite vérifier, sur le terrain,  « la réalité » de cet enclavement global et sortir de la procédure du Plan de Déplacement Local par l’élaboration d’une « Charte du territoire en mouvement » impliquant une démarche culturelle globale.

Comment structurer ou restructurer des lignes de bus ? Ne s’agit-il pas d’organiser un réseau de bus : son organisation étant un principe vivant, adaptable…. et non une « structure » figée une fois pour toute !

 

Pourtant, ce territoire est riche de ses relations de sa « reliance », de ses incertitudes, de son tissu et non de ses zones (zone franche urbaine, zone sensible….) qui séparent et semblent désigner une attractivité qui n’en est pas une : une attractivité  essentiellement économique, l’économique étant lui-même réduit a une peau de chagrin (les entreprises ne s’y retrouvant même plus), une politique de « stock », de « volume » oubliant toute intervention humaine(analyse purement analytique, définition d’équipements…).  « Une élasticité financière ».

 

Car ce tissu  est au contraire composé pour l’essentiel de secteurs ou filières « fragilisées » !

 

Faut-il éradiquer la complexité de ce territoire pour satisfaire la « normalité » ? Quels critères  prendre en compte pour cette normalité ?

 Cette complexité est-elle peu louable ? Pourquoi ?

Faut-il rendre « normal » le marché Anatole France au centre de la Cité des Bosquets, ce marché ayant une attractivité Régionale ?

Faut-il ignorer la présence d’une vraie  filière construction, filière peu valorisée alors qu’il s’agit d’un programme de « reconstruction- démolition ! de la filière textile, du commerce sédentaire et non sédentaire… ?

 

Comment oublier la population « hébergée » ? Faut-il taire la « non mobilité » sociale, économique…, réalité  trop criante, cercle vicieux qui réduit de la pensée de ce territoire, labyrinthe permanent…….Ne faut-il pas faire de cette mort à l’origine même du projet des Bosquets un défi de vie faisant émerger un autre territoire ? 

 

Ces interrogations alimentées par ma vie (rencontres nombreuses, réseaux et autoformation permanente), ma démarche d’apprentissage de la « complexité » des différents territoires rencontrés, m’amène à penser que les territoires dont nous parlons actuellement n’ont rien a voir avec les réalités de ceux-ci dans les cultures qui les avaient précédées. Ces « orgies » d’action, ces motifs désordonnés de se rencontrer, sans permanence ni continuité, ces « événements » à répétition, ces mise en scène d’acteur, ne paralysent -elles pas davantage et n’humilient-elle pas plus  encore les populations ?

 

Il s’agit d’être soi même, bien vivant de ses cinq sens  pour renouveler ces territoires, d’être parfois paresseux, inactif pour prendre du recul, pour être plus efficace, la régénération des territoires étant liée à sa propre régénération. Il ne s’agit pas d’avoir forcement une solution, mais de se poser les bonnes questions en intégrant l’incertitude comme principe actif d’une diversité d’évènements, d’actions, d’interactions, d’aléas, conditionnant la vie et la survie des territoires. La complexification des territoires met en évidence la vie et la mort de ceux-ci comme potentiel dialogique pour le renouvellement de ceux-ci

 

 

E.D.                                                                                            

 

 

 


 « Page d’histoire »

 

Jean MICHARDIERE

La Rénovation Rurale

 

C’est à l’automne 1997 que la France des villages et des champs a fait son entrée à la DATAR.

Jusqu’alors, la politique d’aménagement du territoire avait eu pour objectif essentiel de lutter contre une croissance urbaine trop parisienne et de faire en sorte que celle-ci devienne plus provinciale.

Dans l’esprit de ses initiateurs, puis des responsables successifs de son application, le territoire rural n’était concerné que dans la mesure où on lui demandait de fournir l’assiette des grands équipements et des zones d’activité. La partie laissée à l’agriculture ne faisait pas problème : elle s’aménageait d’elle-même en même temps qu’elle se modernisait. Cela allait de soi. La France rurale, c’est-à-dire plus de 80% du territoire national, s’auto-aménageait sans qu’il soit tenu compte de son extrême diversité économique et sociale.

La Loi d’orientation agricole de 1960 avait bien tenté des actions spécifiques, au bénéfice de certaines zones particulièrement anémiées. Mais la politique conduite dans celles-ci, dites « zones spéciales d’action rurale (zsar) » avait fait long feu pour avoir été placée sous la seule responsabilité du ministère de l’Agriculture pour son financement et sa mise en œuvre.

A l’initiative de Georges Pompidou, alors Premier Ministre, un décret du 24 octobre étend très largement le champ territorial de ces « zsar » en créant trois « zones à économie rurale dominante » :

 

. l’une regroupe les 4 départements bretons, celui de la Manche et 8 cantons de Loire Atlantique

. la deuxième, la Région Auvergne (mais sans l’Allier), agrandie des départements de l’Aveyron, de la Lozère et de 10 cantons ardéchois

. la troisième, la Région du Limousin et le département du Lot

 

L’animation de ces zones est confiée à trois « commissaires à la rénovation rurale », dépendant du Premier Ministre.

Un quatrième commissaire se voit, plus tard, confier celle des zones d’économie montagnarde, regroupant 2.914 communes des massifs des Vosges, du Jura, des Alpes, des Pyrénées, de la Corse et des franges est et sud-est du Massif Central.

 

Nous voila quatre commissaires (Jacques Ferret, sous-préfet pour la première zone, Louis Lalanne, sous-préfet, pour la deuxième, Jean Michardière, ingénieur en chef du Gref pour la troisième et Paul Rambaud ingénieur en chef du Gref pour la quatrième), et nous nous installons à la DATAR afin de marquer notre caractère interministériel.

 

S’agissant des moyens financiers mis à notre disposition, ordre avait été initialement donné aux différents ministères concernés de prélever sur leurs propres enveloppes budgétaires de quoi garnir suffisamment l’escarcelle des commissaires.

 

En 1971, Georges Pompidou, Président de la République, demeuré très attentif à la mise en œuvre de la politique de Rénovation Rurale, convie les commissaires à sa table. Nous ayant entendu regretter la réticence de certains ministres à nous ouvrir leur dotation budgétaire aussi largement que souhaitable, le Président déclare à la fin du repas « qu’il admettrait fort bien que fût créé un Fonds de Rénovation Rurale ».

Ce Fonds fut ouvert en 1972. Le fonctionnement en était très simple. Son montant était réparti entre nous quatre et nous étions invités à en faire le meilleur usage. Interministériel, le Fonds, abondé autant que de besoin par son grand aîné, le FIAT, était très éclectique. Avec lui, nous pouvions tout faire, et tout faire vite.

Nous bâtissions nos programmes directement dans les départements, après avoir rencontré les élus et responsables des principales organisations professionnelles et, le plus souvent, après avoir jugé sur place, dans les communes ou petites régions naturelles demanderesses, de la nature et de l’opportunité des actions proposées.

Une fois le programme élaboré, il était en quelque sorte officialisé au cours d’une réunion à la Préfecture, en présence du Préfet. Dès cet instant, chacun savait que les projets étaient agréés, que les financements pouvaient être considérés comme acquis et que, dans les six mois qui suivraient, les crédits seraient à pied d’œuvre après décision conforme du Comité interministériel d’Aménagement du Territoire.

On nous avait bien dotés d’un Comité de Rénovation Rurale, mais puisque nous rencontrions un à un ses divers membres au cours de nos entretiens dans les départements, nous n’avions à le réunir qu’une fois l’an, simplement pour lui présenter l’ensemble du programme et non pour l’arrêter puisque, dans les faits, il l’était déjà. Ce qui aurait pu être débats et arbitrages, n’était ainsi qu’une réunion d’information, plus amicale qu’officielle et, parfois, prolongée par un repas et la visite de quelques réalisations.

 

La DATAR dont nous relevions, ne gérant pas les crédits, ceux-ci étaient transférés aux ministères de tutelle des actions en cause. Il fallait donc rechercher les lignes budgétaires capables de conduire nos crédits à bonne destination. Et, si ces lignes n’existaient pas, il nous fallait les inventer, en nous portant quelquefois à la limite de ce qui était administrativement voire réglementairement possible.

Bien des actions, désormais banales, ont eu pour origine une initiative jugée au départ hérétique. Réaliser des zones artisanales et effacer les zones d’ombre de la télévision en empruntant une ligne budgétaire à l’Agriculture, dite « d’aménagement de villages », n’était guère orthodoxe. Ne l’étaient pas davantage les ateliers coopératifs « éclatés dans les exploitations » pour l’emballage des chasselas du Quercy, l’ouverture d’une classe maternelle pour dix élèves alors qu’à l’époque la règle était qu’il fallait en réunir 25 ou bien encore la création d’un parcours de golf sur l’exploitation du lycée agricole de Neuvic, en Corrèze, pour l’ouverture d’une section de formation de techniciens spécialistes de la réalisation et de l’entretien des terrains de golf.

 

Cela exigeait que nous soyons totalement disponibles pour, en quelque sorte, incarner les projets ou, à défaut, que nous chargions l’un de nos collaborateurs ou sous-traitants de les mener à bien, une fois les obstacles administratifs et financiers levés par nos soins.

 

Mais tout cela était trop simple. Trop simple pour durer.

 

J.M.*

 

*  avec le concours de Jean-Marie Simon pour extraire l’essentiel de l’exposé « Georges Pompidou et la politique de Rénovation Rurale » (actes du colloque sur l’Aménagement du Territoire tenu à Dijon les 21 et 22 novembre 1996, parus aux éditions l’Harmattan) et des auditions des quatre commissaires devant la section des économies régionales et de l’aménagement du territoire du Conseil Economique et Social en 1977.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Informations diverses – Petites annonces

 

Recherche d’emploi

 

Mme Karima YOUSFI, secrétaire en CDD (6 mois) à la DATAR, après 6 mois à la préfecture de Police et expérience dans le secteur privé, recherche emploi à compter de Juin. Excellente pratique des logiciels usuels. Anglais lu.

Tél : 06 67 95 17 44

 

 

 

 

 « Aménager le territoire, c’est la plus belle façon d’aimer son pays et ses concitoyens »

 

Zone de Texte: LE CERCLE POUR L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

HISTORIQUE
LE CERCLE POUR L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE est une association privée, régie par la Loi de 1901. Il a été fondé en 1991 par Hélène Roger﷓Vasselin et Claude Rousseau, alors chargés de mission à la DATAR (respectivement depuis 1963 et 1970), et Marc Nizery, ancien collaborateur extérieur de la DATAR, de 1964 à 1978.

LES MEMBRES DU CERCLE
Le CERCLE rassemble aujourd’hui 220 membres, qui sont, ou ont été des acteurs de l’aménagement du territoire. Ils sont actuellement anciens ministres, parlementaires, anciens délégués et directeurs à la DATAR, préfets, hauts fonctionnaires, présidents directeurs généraux et dirigeants de grands groupes industriels et d’établissements financiers, chefs d’entreprises de toutes tailles, membres de professions libérales, aménageurs locaux, commissaires à l'aménagement, à l'industrialisation ou à la reconversion, chargés de mission ou collaborateurs extérieurs de la DATAR.
Hommes et femmes de terrain, de pouvoir ou d'influence, tous portent un intérêt particulier au territoire français, à son développement économique et à son aménagement. Ils gardent vif le souvenir du climat particulier de pragmatisme et d’efficacité dans lequel la DATAR a travaillé depuis les années soixante, et dont tous les partenaires de la Délégation ont été fortement marqués. Ils ont souhaité en adhérant au Cercle retrouver et entretenir ce climat, et continuer à agir, dans le cadre du statut de l’association, sur les aspects territoriaux et spatiaux de l’évolution économique et humaine du pays. Ils considèrent que la pleine mise en valeur du territoire national et la recherche de la meilleure performance économique, dans le contexte européen et mondial du vingt et unième siècle, ne sont pas indifférentes à la répartition géographique des activités et de la population, et que cette répartition nécessite l'adhésion de l'opinion publique.
Toutes les sensibilités politiques sont représentées dans le Cercle. Toutes les approches de la problématique de l’aménagement du territoire peuvent y être abordées. Sa crédibilité se fonde sur l’indépendance d’esprit et d’expression de ses membres, sur leurs compétences très diverses, leur expérience et l’élévation de leurs motivations.