LA LETTRE DU CERCLE N°21 juin 2004
Le colloque de la DATAR à la Villette:

PREMIER SUCCÈS DE L'UNION ÉLARGIE

La décentralisation n'est pas partout la panacée...

par Jean Marbach[1]


 
L
A DATAR et la Caisse des Dépôts et Consignations ont organisé le 3 et le 4 mai derniers, à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, dans le cadre des entretiens internationaux de l’aménagement et du développement des territoires, un colloque sur « l’élargissement de l’Union, une chance pour les territoires d’Europe ». Cette manifestation a connu un grand succès, puisque plusieurs centaines de personnes y ont participé. Les membres du Cercle y étaient invités.

La plupart des pays de l’Union, nouveaux et anciens, étaient représentés à la tribune, notamment dans les 6 tables rondes par de nombreux ministres, hauts fonctionnaires, experts, universitaires. Le Secrétaire d’État à l’aménagement du territoire français a fait part de sa vision et le Ministre en charge de l’aménagement du territoire a tenu les propos conclusifs de ces journées.

La présente contribution n’a pour seule ambition que de refléter et résumer certains points-clés des présentations et échanges. Elle ne reprend pas le déroulement chronologique et le découpage en sous-thèmes du colloque, les interférences entre les questions abordées ayant été forcément nombreuses. Elle est par ailleurs subjective, s’agissant des impressions d’auditeurs participants, et forcément incomplète par rapport à la richesse des présentations et points de vue exprimés.

Le projet de Constitution et les perspectives straté­giques

Le Président Valéry Giscard d’Estaing présente le projet de Constitution européenne. L’Europe élargie représente le troisième groupement humain de la planète, le plus grand marché de consommation du monde, mais elle doit avoir également une dimension politique et culturelle. Il aurait fallu réformer avant l’élargissement, il faut à présent réformer vite pour agir. Le projet présenté comporte trois parties complémentaires : la Constitution elle-même, la charte et les politiques à mener.

La Constitution vise à créer une Union d’États qui d’une part apportent certaines compétences avec une gestion communautaire et qui d’autre part coordonnent des politiques des États ; il n’y a pas de glissement pos-

Lire aussi :
IMPRESSIONS D'ARGENTINE
compte rendu du débat avec J-Cl Vicarinipage3
POUR UNE RÉORIENTATION DE LA POLITIQUE DU LITTORAL
compte rendu du débat avec C. Bersanipage5
LA CONVENTION ALPINE
compte rendu du débat avec Noël Lebelpage7
UNE conversion ACCOMPLIE : Troyes

compte rendu d'un voyage à Troyespage10

VOUS AVEZ DIT DÉLOCALISATION ?

Jean-Paul Lacazepage11
VIENT DE PARAÎTRE
"Les nouveaux féodaux"R. Hureauxpage12
NOTE DE LECTURE (JM Simon)
"Le chômage, fatalité ou nécessité ?"Pierre Cahuc et André Zylberbergpage13
VISITE AU CENTRE DE DOCUMENTATION

DE LA DATAR,Ph. de Castelbajacpage14

TRIBUNE LIBRE - LIBRES OPINIONS

PLUS ENCORE QUE LE SUPER-MARCHÉ : L’AUTOMOBILE, Isabelle Lesens (suite à "J'habite

dans une zone blanche" de Ph. de Castelbajac)page15

QUE SONT LES PARCS DEVENUS ?
Serge Malfoispage17
sible des compétences, car celles-ci sont limitées au fonctionnement du marché unique et à la concurrence, ainsi qu’àla conservationdes ressources de la mer. Il peut y avoir des compétences partagées, les États étant en droit de les exercer si l’Union n’a pas légiféré. Le principe de subsidiarité, sous contrôle des Parlements nationaux, est fortement affirmé. Le Parlement devient législateur de plein droit, mais le principe de deux Chambres (Parlement composé de députés européens, plus une Chambre représentant les États) a été récusé. Un Président européen est élu. Pour les décisions du Conseil il faudra une double majorité : 50% du nombre des États et 60% du nombre des citoyens. Le nombre de Commissaires de la Commission, structure collégiale, ne peut être que limité (à 15 membres) pour qu’il y ait une gouvernance efficace.

La Charte est un élément-clé, car elle garantit les droits politiques, la dimension sociale, les droits des femmes, la protection des enfants et les mesures contre l’exclusion.

Enfin l’esquisse des politiques à mener a été incluse, car sinon il n’y aurait pas eu de perspectives et elle reflète par ailleurs le souci de stabilisation des compétences.

Selon le Président de la Convention il ne peut y avoir d’Europe à plusieurs vitesses, la structure et la politique devant être globales.

Le Président Jacques Delors, quoique ne répondant pas directement au Président de la Convention car ils n’étaient pas présents simultanémentet intervenant sur le sous-thème des perspectives stratégiques, apporte des précisions et présente des positions différentes sur certains points :

- les politiques à mener ne peuvent être précisément définies qu’à terme d’une vingtaine d’années ;

- la cohésion sociale doit être affirmée, notamment dans les politiques fiscales, car sinon il y a un risque de désintégration de l’Union ;

- il peut y avoir des groupements restreints d’États pour mener des politiques coordonnées dans les domaines de l’économie, de la défense, de la politique extérieure ;

- les fonds européens doivent bénéficier de manière adaptée à tous les pays, car à défaut le risque d’éclatement est fort ;

- la politique agricole commune doit être poursuivie, tout en étant adaptée et modulée.

En élargissant le propos aux perspectives stratégiques, le consensus des participants au colloque paraît claire sur une orientation majeure ; l’Europe élargie n’est pas seulement un grand marché, mais aussi une construction politique et culturelle, associant des pays voisins. 

La cohésion sociale

Cet aspect, déjà évoqué ci-dessus, est revenu à de maintes reprises dans la présentation et les échanges entre membres des tables rondes, mais aussi dans les interventions des auditeurs de la salle.

Plusieurs points de vue, non concordants, sont exprimés :

- la cohésion sociale ne peut être isolée des perspectives et politiques économiques, avec lesquelles elle constitue un ensemble indissociable ;

- elle n’est pas suffisamment prise en compte dans les projets, notamment de Constitution ;

- elle doit être traitée, notamment dans ses aspects fiscaux, car des distorsions trop fortes entre les pays (cf. la Slovaquie) pourraient entraîner l’éclatement de l’Union ;

- elle ne peut néanmoins aller trop loin, par exemple jusqu’à l’harmonisation de l’assurance maladie.

La mise en œuvre des fonds européens

Quels territoires ? Quelles priorités ? Quel poids financier ?

Tous les pays de l’Union, anciens et nouveaux, devraient pouvoir bénéficier des fonds européens sur la période 2007-2013, notamment du FEDER (investissements) et du fonds de cohésion (réseau d’infrastructures…), mais à des intensités et des degrés divers, selon qu’il s’agira pour les territoires de combler de lourds handicaps (objectif de convergence) ou bien de favoriser la compétitivité, l’emploi ainsi que la coopération (interrégionale, transfrontalière, transnationale).

Le problème de l’exclusion des régions plus riches du bénéfice de ces fonds est largement évoqué : la Catalogne s’en plaint, ainsi que l’agglomération de Prague qui, si elle venait à en bénéficier, pourrait entraîner dans sa dynamique d’autres régions du pays proches et nettement défavorisées…

Reste pour cet ensemble de programmes la question des moyens budgétaires sur lesquels les décisions ne sont pas encore prises.

Quels intervenants et quel système politique ?

Les systèmes politiques des États européens sont divers : centralisés, fédéraux, décentralisés…A noter que certains nouveaux pays européens considèrent que la décentralisation, notamment vers les Régions, n’est pas prioritaire : tel est le cas de la Pologne qui a commencé à décentraliser vers les Villes, puis à déconcentrer vers des territoires s’inspirant des Départements français.

Jean-Charles Leygues, Directeur de la DG Regio à la Commission européenne, rappelle que les relations institutionnelles de l’Union pour les fonds européens ne se font qu’avec les États membres, la programmation étant ensuite plus ou moins décentralisée. La régionalisation-décentralisation n’est pas une panacée : elle peut conduire à des échecs comme dans le Mezzogiorno italien. Néanmoins, lorsqu’il y a la compétence requise, la régionalisation-décentralisation semble le meilleur choix. Il faut surtout une capacité de partenariat et la transparence ; la confusion ou le chevauchement des compétences est néfaste.

La possibilité d’élaborer des programmes tripartites entre l’Union, les États et les Régions a été évoquée dans les échanges du colloque : cette piste est à explorer et à approfondir.

Quels partenaires et quel partenariat ?

Les Régions, lorsqu’elles existent, sont forcément des partenaires. Des discussions du colloque il ressort également la nécessité d’impliquer les Villes. Enfin l’accent a été mis sur le rôle des associations, notamment dans les nouveaux pays.

La capacité de montage des projets dans un cadre plus global (programme d’ensemble..) est apparue capitale, avec la difficulté de disposer d’agents et d’experts compétents.

Il est apparu souhaitable de développer les montages public-privé : la Caisse des Dépôts et Consignations a fait état de ses efforts dans ce sens (Fonds Galaxie), en cours d’extension avec des organismes similaires allemands, italiens et peut-être polonais ; à l’évidence il faut promouvoir ces démarches.

La coopération au sein de l’Union élargie

De l’avis unanime des participants les échanges d’expériences doivent être encouragés. S’agissant des nouveaux pays l’intervention d’experts ou conseillers « pré-adhésion » est à considérer comme apport positif ; la coopération ne doit toutefois pas être à sens unique : en Lettonie par exemple il a été fait état d’apports très intéressants de ce pays en matière de sécurité.

Par ailleurs pour les nouveaux pays « frontaliers » de l’Union qui souhaitent se dégager de la Russie, notamment les pays Baltes, il ne faut pas négliger la coopération avec les territoires voisins externes, ne pouvant pas oublier que leur partie orientale est plutôt russophone et moins enthousiaste pour l’intégration à l’Europe.

L’ampleur des territoires qui coopèrent peut être très variable : villes voisines (cas de deux villes adjacentes en Finlande et en Suède), ensembles géographiques interrégionaux à l’échelle d’une partie d’un grand bassin fluvial (Rhin supérieur…), voire de grands ensembles tels que les Balkans.

Les domaines de coopération pour les territoires larges devraient être la recherche, les infrastructures et l’enseignement supérieur au-delà d’Erasmus : à cet égard est soulignée la relative faiblesse des Centres européens par rapport à l’attractivité des complexes des États-Unis, qui drainent souvent de manière définitive des étudiants européens. Comment y remédier ? 

L’association des pays voisins

Ces questions concernent 3 ensembles :

- à l’est la Russie (Biélorussie), l’Ukraine, la Roumanie et la Bulgarie,

- au sud-est la majorité des pays de l’ancienne Yougoslavie,

- au sud les pays de la bordure méridionale de la Méditerranée.

Pour les pays Baltes et de l’Europe centrale qui viennent d’entrer dans l’Union il est capital de poursuivre le partenariat et d’amplifier les coopérations déjà engagées, au risque de nouvelles migrations de populations et de tensions socio-économiques, voire politiques.

Pour la Méditerranée, ainsi que le rappelle Blandine Kriegel, les relations sont très anciennes, même si elles étaient d’une autre nature. Le programme EUROMED a précisé progressivement les termes de la coopération : ceux-ci doivent être également des dialogues politiques et viser les relations culturelles.

Pour le Maroc il subsiste la question de l’immigration, qui concerne également les flux migratoires subsahariens, pour lesquels le Maroc n’est qu’un lieu de transit. Vues du côté français selon Blandine Kriegel, les solutions sont à trouver par une meilleure connaissance des flux migratoires et une politique d’accueil maîtrisé (langue, droits et devoirs civiques…).

Restent la question de Chypre et celle de la Turquie qui sont posées : que faire ? Aucune réponse n’a pu être apportée.

En conclusion, quelques formules à méditer, lancées durant ces deux jours de colloque pour l’Europe de l’avenir:

- une Europe équilibrée, avec une culture ancienne,

- une Europe où on circule, ayant sa propre culture,

- une Europe de sécurité et d’influence,

- une Europe citoyenne,

- l’Europe doit être une cathédrale et non seulement un supermarché.

J. M.




IMPRESSIONS D’ARGENTINE

Compte rendu de la réunion-débatavec Jean-Claude VICARINI




 
L
E MARDI 10 février, Jean-Claude Vicarini, ancien chargé de mission à la DATAR et vice-président de Telecom Argentina de 1992 à 2000, a animé un colloque, organisé par le Cercle pour l’aménagement du Territoire, sur l’Argentine. Un grand pays aux multiples facettes, doté de réels atouts, mais qui se débat depuis plus d’un demi-siècle dans des cri­ses économiques à répétition qui l’appauvrissent. Parviendra-t-il à renouer avec une croissance forte et solide, à remotiver une population désabusée et résignée ? Des ques­tions actuellement sans réponse.

Avec une superficie qui repré­sente cinq fois celle de la France, l’Argentine est un pays à la fois très urbanisé et très agricole, rap­pelle d’entrée de jeu Jean-Claude Vicarini. Ses 37 millions d’habitants sont répartis entre de très grandes métropoles, comme Buenos Aires, Cordoba, Rosario, ou disséminés dans la pampa. Sur ces terres fertiles, ensoleillées et bien arrosées, paissent 55 millions de bovins, qui ont fait la fortune du pays. Gros producteur de fruits et de vins, notamment dans la région de Mendoza, l’Argentine dispose également d’une industrie de la pê­che florissante, grâce aux investis­sements des Japonais, des Coréens et des Espagnols, le long de l’Océan Atlantique. Producteur de pétrole, disposant de réserves minières importantes (beaucoup de gaz), le pays pâtit toutefois de son éloignement des centres décision­nels et stratégiques. Situé à 13 heu­res d’avion de Paris, et 11 de New York, il ne peut se connecter sur la grande industrie mondiale du tou­risme. Ses attraits tiennent à ses sites naturels fabuleux (chutes d’Igasu, Cordillère des Andes, gla­ciers du Sud comme le « Perito Moreno », péninsule de Mendes, réputée pour ses baleines), malheu­reusement très distants les uns des autres. Les périodes propices aux visites, différentes d’un endroit à un autre, ne facilitent pas non plus les circuits organisés. Les stations de sport d’hiver, développées dans les Andes par les promoteurs des Arcs en France, sont elles aussi trop excentrées. Quant aux 500 ki­lomètres de côtes, ils n’incitent guère à la baignade en raison de leur température qui avoisine les 18°. 

Lorsqu’il arrive en 1992 pour prendre la vice-présidence fran­çaise de Telecom Argentina, une société acquise conjointement par Telefonica Italia et France Telecom, Jean-Claude Vicarini dé­couvre un pays sinistré, sans argent et où les investisseurs se font rares. Beaucoup de centraux téléphoni­ques ont plus de soixante ans. Les abonnés, souvent en panne, doivent patienter six mois avant de voir leur installation réparée. Très mé­fiant quant au fonctionnement glo­bal du système, il appelle en renfort un spécialiste des réseaux qui n’aura besoin que d’une heure par abonné pour remettre en marche quelques-unes des lignes en panne depuis plus de six mois ! Cet exemple est significatif du com­portement des Argentins. Il est très difficile de repérer tout de suite les informations mensongères et erro­nées qui circulent, explique Jean-Claude Vicarini, qui œuvre en pa­rallèle pour renforcer l’équipement de l’Argentine dans le secteur. En 1998, 7,5 millions de lignes fixes étaient en service, et fin 1999, on dénombrait 3 millions de portables. Les télécommunications ne sont pas les seules à être privatisées pendant cette période. La produc­tion d’électricité est privatisée en 1992 et les Chiliens qui avaient obtenu la centrale thermique de Buenos Aires purent en moins de trois mois venir à bout des tradi­tionnelles coupures de courant. Les chemins de fer, privatisés en 1996, retrouvent eux aussi leur efficacité. Les trains arrivent à l’heure, et les horaires ne varient plus d’un jour à l’autre. Presque un exploit,ironise Jean-Claude Vicarini, qui reproche notamment aux Argentins leur manque de vi­sion stratégique et de fiabilité.

Le monde politique souffre des mêmes maux. Lors de la vente de Telecom Argentina, le gouverne­ment avait promis une réforme des tarifs, incluant des augmentations substantielles. Or, il a fallu batailler six ans avant de l’obtenir. La déci­sion ayant été attaquée en justice, puis jugée anti-constitu­tionnelle, il a fallu mena­cer de partir. Et devant ce bras de fer, la Cour Su­prême a finalement autorisé le dé­cret du gouvernement, mais on a frôlé la catastro­phe, souligne Jean-Claude Vicarini. Les Argentins, qui ont subi moult dévaluations, vivent également dans la hantise de la banqueroute. Aussi, dès qu’une crise financière éclate dans un pays, et même si ce dernier n’entretient aucune relation parti­culière avec l’Argentine, les consé­quences en sont énormes. En 1995, lors de la crise mexicaine les Argentins ont retiré leurs avoirs bancaires et la vie économique s’est pratiquement arrêtée pendant plusieurs mois. En 1997, lors de la crise russe, les Argentins ont stoppé leurs investissements en cours pour "rester liquide". Depuis 1953 et le départ de Peron, l’Argentine ne parvient pas à éli­miner les démons qui la rongent. Après le retour au pouvoir du vieux leader en 1973, et sa mort quelques mois plus tard, son épouse Isabellita prend sa succession, mais cet épisode se termine en désastre. La bourgeoisie, affolée par le chaos qui prévaut, appelle en 1976 la dictature militaire pour remettre de l’ordre. Après la défaite des Malouines, la démocratie réappa­raît avec Alfonsin, mais l’économie s’écroule, avec un taux d’inflation qui s’envole à plus de 3000% par an. Carlos Menem, ac­cueilli comme un sauveur en 1989, réussit à redresser le pays à partir de 1991 et à éviter le pire lors des deux cri­ses évoquées plus haut. Malheureu­sement son successeur, Fernando de la Rua, perd peu à peu tout cré­dit et il démissionne à la fin de 2001, laissant le pays dans une si­tuation catastrophique. L’actuel président Nestor Kirchner main­tient son autorité en s’opposant au FMI mais il isole son pays et ses meilleurs soutiens sont le Brésil de Lula, le Venezuela de Chavez et Cuba. L’Etat est aujourd’hui en cessation de paiement et les entre­prises ne remboursent plus leurs dettes, observe Jean-Claude Vicarini. Seule petite note d’optimisme, le tourisme attire à nouveau et les jeunes, soucieux de reconstruire leur pays, font preuve de plus de dynamisme. Une nou­velle religion du travail est peut-être en train de s’amorcer, seul réel espoir pour l’Argentine…


Compte rendu établi par Marie-Clotilde Hingray


 
Carte d'identité de l'Argentine

Population : 38 millions hts 

Superficie : 2 770 000 km² 

Densité : 13 hab /km2.

Capitale : Buenos Aires.

Religion : catholique (plus de 92%)

Langue : espagnol (castellano) parlé par 100 % de la population (nom­breuses langues indigènes : quechua au Nord-Ouest, guarani

au Nord-Est).

Monnaie : peso (1 € = 3,3 $Ar).

Régime : démocratie présidentielle.

Chef d'État : Nestor Kirchner (élu en mai 2003).

Emblème du pays : le ceibo, (fleur rouge). Drapeau bleu et blanc avec un soleil en son centre.

www.routard.com






POUR UNE RÉORIENTATION

DE LA POLITIQUE DU LITTORAL

Compte rendu de la réunion-débat

du 17 mars 2004, avec Catherine BERSANI



(compte rendu corrigé parl'intervenant)




 
L
E MERCREDI 17 mars, dans le cadre de ses ré­unions-débats, le Cercle pour l’Aménagement du Territoire a invité Catherine Bersani, Ins­pecteur Général de l’Équipement, et coordi­nateur du collège « espaces proté­gés, paysage et architecture » du Conseil Général des Ponts et Chaus­sées, à réfléchir sur l’avenir du litto­ral français. Très variée tout au long de ses quatre façades ma­ritimes, la zone côtière bénéfi­cie d’une attrac­tivité excep­tion­nelle et d’un accrois­sement de sa popula­tion supérieur à au rythme natio­nal. Atout majeur de la France, son déve­loppement n’en demeure pas moins fragile et aléa­toire. Cons­ciente des dangers qui s’accumulent et volontairement alar­miste, Catherine Bersani a plaidé en faveur d’une forte ré­orientation de la politique du litto­ral, incluant un nouveau contrat social :le littoral n’est pas qu’un territoire trop convoité, c’est aussi un milieu hu­main dont l’originalité et la capa­cité d’adaptation et d’innovation pour­rait se révéler une sauvegarde es­sentielle de ce patrimoine en péril.

Membre et Rapporteur général de la Com­mission « Littoral » du Conseil National d’Aménagement et de Développement du Ter­ritoire, qui a délivré en juillet 2003 un « Mes­sage d’alerte au Gouverne­ment », message assez pessimiste sur la situa­tion du littoral, Catherine Bersani, de­vant les membres du Cercle, enfonce le clou.

Le constat est inquiétant, souli­gne-t-elle, la dispa­rition silen­cieuse de l’identité littorale cons­titue une réelle me­nace. Une oc­cupation déstruc­turée et irréversi­ble de cet espace uni­que est en marche. L’impressionnante crois­sance dé­mographique, touristique et plus géné­ralement économique du littoral, n’a pas été maî­trisée.

Les raisons en sont nombreuses. L’absence de définition du littoral comme espace de vie avec les in­terdépendances que cela suppose dans le domaine de la gestion des eaux ou des transports par exem­ple, empêche d’en analyser les ri­chesses et les man­ques. Assimilé à la ligne cô­tière, réduit à un es­pace linéaire et étroit, perçu uni­quement à travers son cadre institutionnel et juridique, il n’a pas été traité dans sa profon­deur géographique et dé­mocratique de ter­ritoire vivant. Il n’est pas, de ce fait,appréhendé dans une pers­pective dynami­que : lorsqu’on parle de littoral, il y a en quelque sorte « arrêt sur image ».

Faute de véritable reconnais­sance, il est impossible de trouver trace d’une stra­tégie globale de la part des différentes administrations de l’État à une exception : la DATAR. Cette der­nière a de lon­gue date évoqué des scénarii d’évolution contrastés et attiré l’attention des décideurs sur les choix politiques qui pouvaient s’offrir à eux. Voir par exem­ple « la France Côtière » scénario d’aménagement du terri­toire pri­vilégiant une vision mari­time de la croissance française en 1969 à partir d’une analyse des atouts et des spécificités des diffé­rentes ré­gions.

A partir de politiques inno­van­tes, elle s’est parfois illustrée avec des initia­tives re­marquables, elle a formulé et conduit des projets structurants, comme l’extension du port de Marseille à Fos ou plus ré­cemment comme « Port 2000 » au Havre. Elle a également suscité des outils innovants pour gérer des pro­blématiques spécifiques comme le foncier par exemple avec l’Établissement Public de la Basse-Seine. Un instru­ment inté­ressant, qui aide notamment à créer du lo­gement social en mi­lieu rural, à favoriser les équipements publics, à sauvegarder l’environnement litto­ral. Aujourd’hui compétent sur l’ensemble des deux régions nor­mandes, il fonc­tionne à la fois comme une banque à taux zéro pour le portage foncier des projets locaux et comme bureau d’ingénierie pour définir les stra­tégies foncières, et tout ceci à par­tir d’un partenariat approfondi avec les collectivités territoriales instauré bien avant les lois de dé­centralisation précise-t-elle. Le rapport Picard, référence emblé­matique des politiques sur le litto­ral,paru au début des années 70, témoignede la méthode d’analyse de la DATAR, et son sens de la prospective,deux quali­tés qui manquent cruellement à l’actuelle vision du littoral. Ce rap­port « mythique » a d’ailleurs été à l’origine de l’invention du Conser­vatoire du Littoral. Pour en illus­trer la démarche visionnaire, on peut citer les contributions deman­dées à chacun des membres du groupe de travail sur la manière dont ils envi­sageaient la situation du littoral en 2020 et les orienta­tions politiques qu’ils préconi­saient pour l’aménagement du ter­ritoire. Jean Fourastié, notamment, ima­ginait à l’horizon 2020 un grand péage à 20 kilomètres du littoral régulant l’accès à un contingent d’heures voire de jours de séjour et d’activités incluant les héberge­ments nécessaires ; il pré­voyait évidemment l’extinction progres­sive, par rachat sur qua­rante ans, du droit de propriété privée sur le litto­ral…

Sans prendre parti sur la propo­sition on notera simplement qu’on serait aujourd’hui bien en peine de document similaire pour alimenter un débat prospectif malgré les ap­ports de l’Institut français d’environnement ou la volonté de l’actuel Délégué de faciliter les analyses prospectives de la Com­mission du CNADT. 

Pourtant traiter le littoral d’une manière éclatée, in­consistante constitue un véritable para­doxe démocratique. Situé « entre deux eaux » — l’eau salée de la mer d’un côté, l’eau douce des bassins ver­sants côté terre — ce territoire vi­vant est porteur d’une his­toire et d’une culture originale, malheu­reuse­ment fragilisée du fait des carences insti­tutionnelles, d’une certaine anémie du développement local et de l’absence de gestion volontariste à l’échelle adéquate. Tout se passe comme si la spécifi­cité du littoral était niée, comme s’il s’agissait d’un espace fragile quelconque ou au mieux d’agglomérations urbaines comme les autres… 

A ce sujet, le dernier recense­ment offre un éclairage intéressant, note Catherine Bersani. Il montre une lecture de la spécificité globale du littoral par rapport à l’ensemble des régions françaises et au sein de cette spécificité de fortes différen­ces selon les rivages. Cette lecture per­mettrait de fonder une politique d’aménagement et de valorisation du territoire adaptée à la singula­rité des atouts et des contraintes, en s’aidant de plus des leçons ti­rées des expériences contrastées de chacune des zones côtières.

A la lecture du recensement en effet, on se rend compte que la fa­çade mé­diterranéenne n’est plus l’apanage des seuls gens riches et âgés. Au contraire, la croissance de la po­pulation entre 20 et 35 ans y est supérieure à la moyenne natio­nale ; il en va de même pour les créations d’emploi. Il y a donc d’indéniables fac­teurs de dyna­misme, mais parallèlement des cli­gnotants qui sont passés au rouge pour tout ce qui touche aux besoins élémentaires de la vie urbaine : les transports, la sécurité, le logement et la préserva­tion de l’environnement naturel.

Sur la façade Manche-Mer du Nord, le renou­vellement naturel plus dynamique qu’ailleurs laisse une part importante aux classes d’âge les plus jeunes. Toutefois, l’ensemble de la popu­la­tion y est sensiblement moins qualifié qu’ailleurs. Même si le temps et les opportunités ont l’air plus ou­vertes qu’ailleurs sur le littoral, ce type de handicap appelle d’évidence une politique ou plutôt sa prise en compte dans l’ensemble des politiques qui y sont menées.

Quant à la façade Atlantique, il y a là ur­gence à agir si l’on ne veut pas répéter le processus qui a dé­vasté l’environnement sur la côte méditer­ranéenne. Le taux de crois­sance démographique, surtout pour la catégo­rie des 45-60 ans, est ex­ponentiel. Les cadres et profes­sions libérales représentant le gros des troupes. L’élasticité à la trans­for­mation de l’espace n’est pas in­finie, pourra-t-on encore la maîtri­ser ? D’autre part comment valori­ser au mieux l’afflux de matière grise ?

Il faut rompre avec les com­por­tements précé­dents sectoriels et technocratiques qui omettent de s’adresser à ceux qui « font » le littoral au quotidien, affirme Catherine Bersani, et au contraire retrouver l’approche républicaine. Do­miné par une vision administra­tive, voire purement juridique, le littoral pâtit d’un affrontement sté­rile entre la protection et l’aménagement.

De­vant la spéculation fon­cière et la dégradation de certains sites, l’État a mis en place des instances régulatrices plus ou moins autori­taires, comme la « Loi Litto­ral », « le Conservatoire du Littoral ».

En fait ce qui fait défaut c’est la vision globale d’un territoire vi­vant sur lequel la régulation doit se faire démocratiquement, l’État de­vant intervenir pour maintenir la dimen­sion nationale de ce patri­moine unique et s’assurer de l’emploi judi­cieux du principe de précaution. Il ne peut cependant pas tout réguler depuis Paris ; les ajustements et les contraintes doi­vent être définis entre ceux aux­quels elles imposent un équilibre respectueux des uns et des autres ainsi que de la conservation des ressources. Comment la gestion de la qualité de l’eau pourrait-elle être mieux définie qu’entre les paysans usagers de pesticides, producteurs des nitrates dus aux élevages, et les cultivateurs de la mer gérant les gisements de coquilles Saint-Jacques qui ne survivent qu’en eau pure ? Les élus savent bien que les algues vertes feront fuir les touris­tes et qu’il est bien dur de ne plus avoir l’eau potable au robinet ! La déplo­ration individuelle et seg­mentée peut laisser place à une gouvernance collective responsa­ble, à travers une gestion intégrée de la zone côtière, pour peu qu’une règle du jeu soit fixée et qu’une vigilance s’exerce. Un raisonne­ment analogue pourrait être tenu sur la gestion de l’érosion côtière avec ses conséquences sur le paysage, la sécurité, l’urbanisme, le développement portuaire…

Il est temps de redonner — dans le cadre des lois, règle­ments et procé­dures nationaux — leur pleine com­pétence citoyenne à ceux qui vivent sur le territoire, de privilé­gier une gestion globale plus pro­fessionnelle et plus respec­tueuse de la nature, de fédérer les efforts au bon niveau. Cette atti­tude nou­velle s’inscrit d’ailleurs dans le droit-fil de la dé­centralisa­tion, relève Catherine Bersani, qui in­siste sur le bien-fondé de cette « révolution coperni­cienne » dans la gouver­nance et le mode de déci­sion. Le Conseil Na­tional du Litto­ral, qui exercera une mission de vigilance sur l’état du littoral de la France, associera les acteurs poli­tiques et économi­ques sur le ter­rain avec les instances nationa­les compétentes et les repré­sen­tants de la société civile. Il reste à souhaiter que cette approche no­vatrice et pragmatique fasse l’unanimité, prouve son efficacité et inverse la tendance. Ainsi, s’éloignerait la crainte de voir le littoral confirmer sa vocation de patri­moine en péril !

Tel est l’esprit des recomman­da­tions figurant dans le « message d’alerte » du Conseil National d’aménagement et de développe­ment du Territoire.






DIX MESURES POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

1. Donner aux collectivités territoriales les moyens d’une maîtrise foncière globale.

2. Renforcer les moyens de l’action locale pour la sauvegarde du « Tiers Sauvage ».

3. Mettre en réseau les dispositifs scientifiques d’observation, de recherche, de formation et d’information.

4. Affirmer le pa­trimoine littoral, matériel et immatériel, vecteur premier d’une identité vivante.

5. Valoriser l’économie maritime et littorale.

6. Reconnaître à l’agriculture et à la conchyliculture littorale un privilège foncier contre des obligations d’excellence.

7. Arrimer résolu­ment la politique por­tuaire aux atouts du litto­ral.

8. Faire le choix d’une politique à forte valeur ajoutée pour la filière nautique et d’une politique coordonnée du tourisme et des loisirs.

9. Renouveler le cadre de la gouvernance pour le littoral.

10. Créer un Conseil National du Littoral.
Compte rendu établi par Marie-Clotilde Hingray

LA CONVENTION ALPINE

Compte rendu de la réunion-débat avec Noël LEBEL, le 14 avril 2004




Noël Lebel ouvre son exposé par la citation du mes­sage quelque peu racoleur de Claude Rousseau aux membres du Cercle, pour les inciter à assister à la réunion :

" Le plus grand ensemble touristique du monde :
l e s   A l p e s !

Des milliers d'hectares skiables encore non aménagés ! un champ d'action immense pour de nouvelles remontées mécaniques et pour les promoteurs immobiliers !

Des dizaines de sites pour de nouveaux barrages et de l'électricicité renouvelable, non polluante !

Mais quid des marmottes, des chamois, des bouquetins, des ours, des loups, des aigles ? et aussi des edelweiss, du genépi, des ancolies, et de l'extraordinaire biodiversité de la montagne ?

Et les vaches, pour la tomme, le beaufort, le reblochon ? ? ? 

Quid des villages traditionnels, des vacances champêtres et sac au dos ?

Comment tout cela peut-il faire bon ménage ?"

Les enjeux étant ainsi rappelés, de façon volontairement caricaturale, Noël Lebel entreprend de faire connaître La Convention Alpine à l'auditoire.

Il s'agit d'un traité international, un accord intergouvernemental "sui generis". D'autres accords similaires existent, comme la Convention pour le bassin du Danube, régissant le domaine plus limité des eaux du Danube. La Convention Alpine est sans doute la seule dont l'objet ne se limite pas à un domaine d'action précis, tout en affichant explicitement qu'elle vise la protection des Alpes. Son titre, sur son site internet officiel, est : "Convention sur la protection des Alpes (Convention alpine)"

La Convention lie : 

la République fédérale d'Allemagne,

la République d'Autriche,

la République française,

la République italienne,

la Principauté de Liechtenstein,

la Confédération suisse,

la République de Slovénie,

ainsi que la Communauté économique européenne.

Cet accord intergouvernemental est entré en vigueur en 1993, et couvre la totalité des Alpes depuis 1995.

Son objet est la "protection des Alpes", et elle s'est dotée pour cela de 9 protocoles d'application, couvrant l'ensemble des activités dans le massif. Il s'y ajoutera deux protocoles supplémentaires, actuellement en cours d'établissement : l'un sur les eaux, l'autre sur les populations et cultures.

Très "verte" (au sens fort) dans son inspiration au début, la Convention a évolué vers le "développement durable".

Les protocoles sont entrés en vigueur ou sont en cours de ratification par les divers pays membres. 

En Italie, huit protocoles sur neuf ont été pris en considération, celui sur les transports ayant été exclu : on comprend facilement, en effet, que les Alpes constituent pour l'Italie une barrière complète dans ses communications terrestres avec le reste de l'Europe, et qu'il est très difficile pour les Italiens d'admettre la moindre contrainte ou le moindre centime de surcoût sur le passage des Alpes.

Il y a aussi des problèmes majeurs en Suisse, où le nouveau gouvernement estime que le pays est déjà lié par un nombre excessif de traités divers et ne voit pas l’utilité de ratifier de nouveaux engagements.

La Convention est bien ratifiée par l'ensemble de ses pays-membres, mais les protocoles d'application sont plus précis, et sont donc plus difficiles à ratifier.

Le seul mécanisme permettant de faire avancer les choses est le rapport périodique, publié tous les quatre ans, qui en quelque sorte permet de "compter les points" et qui ouvre la porte à des « rappels à l’ordre » pour les traînards.

L'origine de la Convention Alpine est politique. Le projet traînait dans les ONG… et en juillet 1989, le gouvernement chrétien-démocrate allemand, pour des raisons électorales, a lancé la mise en œuvre du projet. Le 9 novembre, c'était la chute du mur de Berlin…

Aujourd'hui :

les instances exécutives : 

- la conférence ministérielle exécutive se réunit tous les deux ans

- la Présidence "tourne" tous les deux ans

- dans l'intervalle, le Comité permanent se réunit deux ou trois fois par an

- des groupes de travail thématiques

- en outre, sont présentes comme "observateurs" toute une série d'ONG, qui jouent les "mouches du coche" : représentants de la société civile, il suivent le tout d'un regard vigilant et critique.

Le mode de travail est très particulier, nous Français y sommes peu habitués. C'est en quelque sorte l'équilibre entre initiatives et irresponsabilité.

Depuis le 19 novembre 2002, la Convention Alpine s'est dotée d'un Secrétariat Permanent, dont le siège est à Innsbruck (un bureau annexe à Bolzano, en Italie). Le Secrétaire Permanent est nommé pour deux ans (Noël Lebel cèdera donc la place en novembre prochain).

La Convention Alpine a la particularité d'avoir quatre langues officielles : l'allemand (DE), l'italien (IT), le slovène (SL), et le français (FR). L'anglais est pratiquement exclu. Cet aspect linguistique ne simplifie pas le fonctionnement courant.

Pour certains, la Convention correspond peu ou prou à la création d'un État alpin virtuel, possédant sa propre identité. Les germaniques (Allemagne, Autriche, Suisse allemande) ont laissé faire ce phénomène il y a dix ans, lorsqu'il était très puissant.

Depuis le début, on a senti de fortes oppositions entre "germains" et "latins" sur la nature et la philosophie de la "protection des Alpes", qui fonde la Convention. Les Allemands ont pu ainsi, lors de la première réunion constitutive, tenue en 1989 à Berchtesgaden[2], (ce qui était déjà un choix étonnant), se féliciter que "l'esprit de Berchtesgaden ait soufflé". On comprend que les "non-germains" (principalement les "latins"), n'aient que modérément apprécié…

Une autre réalité surplombe encore ces aspects particuliers de la Convention : dans les pays fédéraux, la position de l'État central est très influencée par celle des gouvernements régionaux. C'est le contraire dans les pays centralisés comme la France. Par exemple, la France n'était pas représentée par un ministre à Salzbourg, pour la signature de la Convention. En 1991/1994 (présidence française), en revanche, Michel Barnier[3] étant ministre de l'environnement, la Convention a fait l'objet d'un bon suivi de la part de la France. 

L'incertitude est actuellement complète sur ce que sera le degré d'implication de notre pays, lorsque la France assurera de nouveau la présidence, en 2006.

Perspectives :

Actuellement (2003-2004) : présidence allemande

- aspects juridiques (ratification)

- mise en place du Secrétariat Permanent

- processus de ratification des protocoles

- mise au point de deux protocoles d'application supplémentaires, sur l'eau (question de la propriété de l'eau) et sur Populations/cultures.

Thèmes actifs

- transports (routes, sécurité, régulation)

- risques naturels

- tourisme 

- espaces protégés transfrontaliers (en faire une trame continue)

- travail à l'échelon international : conseil auprès des Carpates[4], année de la montagne avec la FAO.

Résultats

Ils ne sont pas lumineux, au point où nous en sommes aujourd'hui. On peut cependant constater comme largement positive la vision commune des Alpes, à laquelle on est parvenu. La continuité de l'action a fait un grand progrès avec l'institution du Secrétariat Permanent. Il faut mentionner l'épée de Damoclès de la non-ratification par la Suisse, située au centre de l'ensemble géographique. 

Orientations :

- en finir avec le "prurit réglementaire"

- faire avancer le premier projet concret : la "Via Alpina", itinéraire aménagé en 161 étapes de Monaco à Trieste (comme notre "Grande Traversée des Alpes", en plus grand !)

- essayer le dispositif de "chartes de partenariat" en vue d'autres projets concrets.

Aspects pratiques et matériels

- Personnel : 6 personnes (et une équipe italienne d'études, à Bolzano)

- Budget : 800 000 euros 

DISCUSSION

Serge Antoine s'étonne de la lenteur et du retard de mise en place du Comité de suivi français, et s'interroge sur le contenu prospectif de la Convention.

Noël Lebel

Michel Barnier avait demandé la constitution en France d'un Comité de suivi de la Convention Alpine, réunissant : les Collectivités locales, les administra­tions concernées, les ONG. Les ministres de l'envi­ronnement qui ont suivi ne s'en sont pas occupés, d'où l'inquiétude actuelle quant à la présidence française en 2006. 

Quant à la prospective, il faut souligner qu'on a commencé par les aspects juridiques, et que personne ne s'intéresse encore à la prospective, à la Convention. En revanche, l'orientation sur le développement durable semble la mettre sur le bon chemin.

Jean-Pierre Duport : — Y a t'il pour la Convention des possibilités de prises de position opérationnelles ?

Noël Lebel

- la Convention a été à l'origine de l'annulation en Autriche d'un projet d'extension de domaine skiable.

- la Convention s'est impliquée de façon concrète dans les problèmes de la ré-introduction du loup…

- d'une façon générale, le Secrétariat permanent s'est donné pour objectif de "faire remonter" et de saisir le Comité permanent et la Conférence alpine de problèmes précis et concrets

Pierre Blondel

S'il y avait un budget d'intervention, cela ne marcherait-il pas mieux ?

Noël Lebel

Dans l'état actuel de la structure, et dans le contexte des relations entre les pays membres de la convention, on ne se voit pas bien à la tête d'un budget de cette nature.

Jacques Guiu

Est-ce que la base du problème ne serait pas de mettre les régions alpines à la place des pays ?

Noël Lebel

Les régions alpines travaillent déjà de façon transfrontalière, par couples de proximité. Elles ne sont pas sûres d'être gagnantes, sur le plan opérationnel et pratique, dans un dispositif d'élargissement à l'ensemble des régions alpines : elle pourraient y perdre du pouvoir.

Jean-François Drevet

Quid de l' "exception suisse" ? (la Suisse est le seul pays membre à ne pas faire partie de l'Union Européenne). La Suisse a déjà une politique à part pour les transports…

Noël Lebel

Les accords de 1999 entre la CEE et la Suisse, sur la taxation des poids lourds, montrent que la Commission a reconnu les concepts de base de la Suisse : l' "exception suisse" ne conduit donc pas systémati­quement à des blocages.

Georges Ribière

Quid de la position de l'Association des élus de la montagne vis-à-vis de la Convention Alpine ?

Noël Lebel

Très hostile au début, elle a tenté d'allumer un contre-feu auprès du Conseil de l'Europe, sans grand succès, et commence à se dire que tout n’est pas complètement néfaste dans cette convention ! ! ! 

Compte rendu établi par Claude Rousseau


UNE conversion ACCOMPLIE : Troyes…

Les problèmes de conversion industrielle constituent encore en 2004, et depuis plus de vingt-cinq ans, une des tâches les plus difficiles confiées à la DATAR par les gouvernements successifs. A la conversion des activités minières en effet, qui faisait partie du "portefeuille" initial de ses missions, les soubresauts successifs de l'économie mondiale (crises pétrolières, émergence de pays à faibles coûts de main d'œuvre, mondialisation, évolutions technologiques…) n'ont pas cessé de venir ajouter celle de secteurs multiples (textiles, construction navale, électronique, armement…).

Après Alcatel, ACT (machines-outils), Moulinex, c'est aujourd'hui, par exemple, le GIAT (armement) à St-Etienne, Roanne, Tarbes, Alsthom (électromécanique, matériel ferroviaire) à Belfort, Fortech-Aubert & Duval (métallurgie de pointe) dans le Puy-de-Dôme, Daewoo-Orion (télévisions) au Mont-Saint-Martin en Meurthe et Moselle, .etc., sans oublier Sacilor (sidérurgie) et ses filiales en Moselle ...

La conversion industrielle, c'est difficile, mais ça marche : un exemple de réussite, Troyes…

Compte rendu de la visite à Troyes le 28 septembre 2001



Denis Coton (ACM 73/80) et Marie-Clotilde Hingray (chargée de mission du Cercle) nous avaient préparé un programme bien rempli, organisé autour des "points forts" de la reconversion (en marche) de l'ancienne capitale de la bonneterie :

1/ les magasins d'usines, visite de "Marques Avenue";

2/ le développement universitaire, l'UTT[5] étant de loin le plus récent, et le plus beau fleuron, véritable pôle de croissance des nouvelles technologies.

3/ un accueil dynamique aux implantations nouvel­les, dont Aube-Développement est le principal instru­ment.

4/ une politique de mise en valeur du patrimoine, dite aussi de "requalification urbaine" du centre-ville.

5/ le développement touristique .

*

1/ Avec l'exposé de M. Gaillard et la visite du cen­tre de documentation de l'UTT, on a uexemple de croissance maîtrisée : constructions, équipements, fonctionnement, financement (grâce à l'appui, il est vrai exceptionnel du Sénateur, président du Conseil Général, Philippe Adnot), effectifs estudiantins, crois­sance peu courante dans la sphère universitaire, vi­tesse de croisière atteinte en 2001 : 1 500 étudiants. On note un double souci d'internationalisation (les sta­giaires chinois, entre autes) et d'insertion dans l'éco­nomie locale (accès par exemple des PME au centre de documentation et assistance technique).

2/ Du discours de M. Castaing (Aube-Développe­ment), nous avons relevé les avantages qu'il met en avant pour l'accueil fait aux investisseurs : le "guichet unique", la supériorité d'une ville moyenne chef-lieu, et d'un petit département rural et touristique sur les grandes métropoles urbaines, "tout le monde se connaît", on peut "vivre à la campagne à moins d'une demi-heure de son bureau" (qualité de vie et effica­cité). Il souligne le coté carrefour autoroutier du dé­partement (croisement de l'A5 et de l'A26) très favo­rable à la création de plates-formes logistiques régio­nales ou multi-régionales. Ce carrefour prendra une dimension internationale avec ledéveloppement du fret aéroportuaire à Vatry (entre Chalons et Troyes, dans la Marne) dont la CCI de Troyes est un des par­tenaires.

Quant au projet d'électrification de la ligne ferro­viaire Paris-Bâle, on est assuré de sa réalisation jus­qu'à Troyes, ce qui devrait réduire la durée du trajet avec la capitale de plus d'une heure (de 90 mi­nutes au minimum).

Au passage, M. Castaing a indiqué aux anciens de la DATAR qu'il regrettait que certains cantons de l'Aube ne soient plus éligibles à la PAT[6], une décision qui à ses yeux a pour principal inconvénient de mettre le département hors jeu de la politique d'aménagement du territoire !

3/ Dominique Boisseau est l'adjoint au maire chargé de "l'Aménagement de la Cité" ou encore (ancienne appellation) de la "requalification urbaine" du Centre historique de la Ville. On lui a donné le nom de "Bou­chon de Champagne" (configuration géographique des anciens remparts, rasés au 19e siècle pour permettre l'explosion industrielle des entreprises de bonneterie). Il rappelle qu'une des caractéristiques architecturales de ce quartier historique est son exceptionnelle unité de style, qui fait probablement de Troyes une des villes en Europe où les maisons à pans de bois datant du 16e siècle sont les plus nombreuses.

La préservation de ce patrimoine en même temps que la reconquête du centre-ville par ses habitants (animation commerciale et modernisation de l'habitat) constituent les deux axes majeurs de la politique de restructuration urbaine. L'adoption du Plan de Sauve­garde et de Développement Urbain (PSDU), aujour­d'hui approuvé, en est l'instrument juridique assurant la contrainte minimale nécessaire, accompagnée d'ai­des financières de tous ordres, aussi incitatives que possible. L'arbitrage entre des intérêts apparemment contradictoires (piétons, automobilistes, commerçants, entreprises de travaux publics) est le lot quotidien de l'adjoint au maire, qui ne peut agir efficacement qu'en étroite concertation avec les différentes parties pre­nantes, les associations de commerçants étant les plus difficiles à convaincre !

Si la reconquête du centre ville par les habitants est loin d'être achevée, on note cependant au dernier recensement une légère augmentation de la population intra-muros. Il faut également mettre à l'actif de cette politique l'essor d'un certain nombre de petites et moyennes entreprises troyennes, spécialisées dans la restauration de l'habitat, dont le rayonnement dépasse aujourd'hui le cadre du département.

M. Boisseau ne peut s'empêcher pour terminer de citer sa propre réussite personnelle de propriétaire d'un petit hôtel de caractère, construit dans le quartier de la Cathédrale en restaurant plusieurs vieilles maisons parmi les plus anciennes de la ville. Cet hôtel au départ de 12 chambres accueille aujourd'hui des touristes du monde entier et est en passe de doubler ou tripler sa capacité !

4/Mme Lise Patelli, ancienne journaliste, est char­gée du tourisme depuis le second mandat de François Baroin.

Le nombre des touristes qui passent par la ville ou y font de courts séjours ne cesse d'augmenter. La politi­que de requalification urbaine en est un des vecteurs essentiels. Une liaison un peu plus étroite avec le Conseil général devrait permettre de mettre au point dans un proche avenir un "mix" touristique "ville-campagne" appelé à un assez bel avenir.

Mme Patelli insiste sur le fait que le tourisme "va­cances séjour prolongé repos loisirs", fait place de plus en plus à un tourisme culturel plus important. Il faut s'y préparer, et Troyes dans cette direction est bien placée. Elle note en particulier le succès grandissant du Salon régional du Livre de la Jeunesse qui est le second après Montreuil. Les Nuits de Champagne (de la chanson), qui ont lieu fin octobre-début no­vembre, ont maintenant une notoriété nationale. La mise à disposition du public de guides particulière­ment qualifiés, dont le groupe a par exemple bénéficié à l'issue de cette journée, contribue au développement de ce tourisme culturel.

Sur un autre plan, Troyes est en train de combler son retard en tant que ville de congrès grâce aux nou­velles capacités d'accueil du complexe "Argence" dans les locaux réaménagés de l'ancien Lycée Pithou. La convention d'affaires européenne de l'emballage "Packinnove" qui se tient désormais régulièrement à Troyes en est une des premières illustrations.

Parmi les atouts culturels de la Ville, Lise Patelli cite pour mémoire le magnifique Musée d'Art Mo­derne constitué à partir de la donation de l'industriel Plerre Lévy, comprenant notamment l'essentiel des œuvres de Derain. Elle évoque également les collec­tions exceptionnelles du Musée de l'Outil, exposées dans les très beaux bâtiments de l'Hôtel de Mauroy. Il existe enfin un projet, qui devrait voir rapidement le jour, d'extension et de modernisation du Musée de la bonneterie, qui retrace toute l'histoire technologique et humaine de la bonneterie troyenne.

Avant que nous dégustions la coupe traditionnelle de champagne du vignoble de l'Aube, notre interlocu­trice avait évoqué un projet, à l'étude, de transforma­tion de l'ancienne bourse du travail. Ce bâtiment a été construit en 1840 et sa destination originelle était de servir de local au marché du travail à façon de l'in­dustrie textile avant que n'apparaissent, quelques années plus tard, les premières usines de bonneterie. Il serait transformé en halle de présentation, et peut-être de vente, des produits régionaux. Il s'agit notamment, et peut-être exclusivement, des vins et champagnes des coteaux de l'Aube, dont les campagnes promo­tionnelles sont loin d'être suffisantes !

Notes de Denis Coton, ACM 73/80




Une "truffe" !

Vous avez dit délocalisation ?


Jean-Paul Lacaze




Le pays de mes aïeux, ce sont les grands causses du Quercy, un sol des plus pauvres car le terrain calcaire absorbe toute l’eau du ciel et ne la restitue qu’au loin par des sources vauclusiennes au flanc des vallées, étroites coulées de terre arable qui seules permettaient une agriculture vivrière. La population du département du Lot ne cessait de perdre ses enfants qui partaient nombreux, tels les cadets de Gascogne, chercher fortune dans les villes. Aujourd’hui, il se situe à l’avant-dernière place par la population, devant la Lozère que traverse aussi la rivière éponyme.

Parmi ces causses, l’un des plus désolés est celui de Limogne, le causse blanc du sud de la rivière. Le calcaire marneux y est particulièrement infertile et ne laisse pousser que des buissons épineux et de petits chênes étiques. Une seule richesse, parcimonieuse, et bien cachée dans le sol, la truffe, vaut à la commune de Lalbenque la notoriété d’un marché spécialisé où l’on croise gastronomes et chefs illustres.

Incroyable nouvelle : c’est ce lieu oublié des Dieux et des fées qu’un groupe industriel chinois a choisi pour s’installer en France, près d’un échangeur de l’autoroute A 20 ! Un investissement de 6 millions d’Euros, 60 emplois à créer pour recycler des déchets plastiques et produire annuellement 36 000 tonnes de plastique en paillettes, matière première qui sera exportée en totalité en Chine.

Vous avez dit délocalisation ?

J-P L





Vient de paraître

Roland Hureaux·

Les nouveaux féodaux

Le contresens de la décentralisation

(Gallimard)



« Un livre à contre-courant des idées reçues et où on apprend beaucoup de choses »Philippe Meyer, France-Culture

« Un livre tonique » Joseph Macé-Scaron,  Le Figaro-Magazine

« Un essai argumenté et rageur »  Philippe Cohen, Marianne

« L’actualité rend cet essai doublement utile »  Eric Conan, L’Express

« Un véritable thriller » Laurence Chavane, Le Figaro-Economie


La décentralisation est quasiment devenue le "pont aux ânes" de la pensée politique française. Le gouvernement actuel l’exalte comme la « mère des réformes ». Décentraliser est présenté comme allant de soi... Tout en récusant le jacobinisme, dépassé, l’essai tonique de Roland Hureaux remet en cause ces pseudo-évidences.

Contrairement à ce qui se répète à l'envi, il y a belle lurette que la France n’est plus un État centra­liste. Les corporatismes fleurissent plus que jamais, que la Révolution avait cru éliminer. Le cumul des mandats donne la réalité du pouvoir à de grands féodaux, anciens ou futurs ministres, maires de gran­des villes, présidents de conseils régionaux et géné­raux. Le système clientéliste qu’il favorise pèse sur les dépenses publiques. Comment alors pré­tendre démultiplier les pouvoirs locaux sans entraîner la hausse des prélèvements obligatoires, déjà très élevés dans notre pays ?

Autres mythes pourfendus par l’auteur : l’ « Europe des régions », incompatible avec l’ambition fédérale ; le « principe de subsidiarité », que l’Europe applique à l’envers ; les « grandes ré­gions », inutiles ; et surtout l’« intercommunalité », cette entreprise opiniâtre de la technocratie pour regrouper les communes,

qui porte atteinte à l'héritage multiséculaire de la France et à la démocratie.

Pourquoi donc faire des réformes qui ne feront qu’aggraver les maux dont souffre notre pays, se demande l’auteur. Serait-ce que les nouveaux féodaux, désormais sûrs de leur pouvoir, ne songent plus qu’à l’accroître, au détriment de l’État garant de l’intérêt général, ou n’est-ce qu’un simple effet du vide abyssal de la pensée politique ? Les deux hypo­thèses ne sont pas nécessairement contradictoires.

Roland Hureaux a une quadruple expérience des pro­blèmes des collectivités locales, comme membre du corps préfectoral, professeur de droit public, élu local,…et ancien de la DATAR. Il est ainsi un des meilleurs connaisseurs des réalités locales françai­ses. Essayiste, il a déjà publié "Un avenir pour le monde rural" (Pouvoirs locaux), "Pour en finir avec la droite" (Gallimard), "Les hauteurs béantes de l’Europe" (Guibert), "Le temps des derniers hom­mes" (Hachette-Littératures), "France-Allemagne, un tandem en panne ?" (Corlet)

CR

"Les nouveaux féodaux, le contresens de la décentralisation" (Gallimard) 256 pages - 16,50 €


Note de lecture

Jean-Marie Simon

Pierre Cahuc et André Zylberberg

Le chômage, fatalité ou nécessité ?

(Flammarion, 2004)




"Un livre culotté sur les raisons économiques de ce fléau et les moyens de le combattre" (Corinne Lhaik, L'Express.fr)

"La difficulté aujourd'hui pour mettre en œuvre des politiques d'emploi efficaces est qu'il faut sortir du monde des croyances pour entrer dans une logique d'évaluation sérieuse des politiques publiques." (ens-lsh.fr)


 
L
ES auteurs, économistes et statisticiens de l’Université de Paris I, abordent dans ce livre « grand public » la question du chômage en France en s’appuyant sur des sources et des sta­tistiques récentes, internationales, européennes et nationales.

Quelques constats, étayés, sont frappants :

- Tout d’abord, chaque jour, en France, 10 000 emplois sont détruits, mais, chaque jour, 10 000 emplois sont créés.

- Ce mouvement n’illustre donc pas la dispa­rition du travail, mais son incessante recomposi­tion.

- Ces mouvements de destruction et de créa­tion d’emplois ont lieu, de manière simultanée, au sein d’un même secteur (les mouvements entre secteurs ne représentant que 20 % d’entre eux). Par exemple, pendant que les compagnies aérien­nes réduisaient leur flotte après les attentats du 11 septembre 2001, les grands transporteurs à bas coûts augmentaient leur nombre de passagers de 48 % et créaient des emplois.

- Chaque jour, en France, 30 000 personnes quittent leur emploi, mais, chaque jour, 30 000 personnes trouvent un emploi. La destruction d’emplois est créatrice d’emplois nouveaux plus productifs.

- Les licenciements économiques représentent 2 % des départs.

- Tous les pays industrialisés se ressemblent en termes de destruction et de création d’emplois : chaque année environ 15 % des em­plois sont créés et 15 % sont détruits. Mais ils di­vergent en termes de chômage (en 2001, 8,8 % en France, 2,7 % aux Pays-Bas) parce que leurs mar­chés du travail sont organisés différemment en permettant plus ou moins efficacement le pas­sage des salariés des emplois détruits aux emplois créés. La France consacre un montant plus élevé de son PIB pour l’aide à l’emploi (1,04 %) qu’en Suède (0,6 %) pour des résultats médiocres.

- C’est la recomposition permanente de l’appareil productif due aux modifications de la demande et aux innovations technologiques qui provoque ce mouvement plus que la Bourse ou la mondialisation. L’emploi est un flux et non un stock, ce qui veut dire que la diminution de la po­pulation active n’entraînera pas diminution méca­nique du taux du chômage.

- Le travail ne se partage pas : il se recom­pose sans cesse par des mouvements de création et de destruction d’emplois. De même la réduc­tion de la durée du travail n’est pas systémati­quement créatrice d’emplois.

- Aujourd’hui, en France, les hausses du coût du travail au niveau du salaire minimum sont un frein à l’emploi des travailleurs les moins quali­fiés. Les allègements des charges sociales per­mettent de maîtriser ces hausses ; mais il faut aussi créer les conditions pour que le travail sala­rié soit financièrement plus intéressant que l’inactivité (prise en charge par des aides natio­nales et une multitude d’aides locales). Au­jourd’hui, seul un célibataire trouve un avantage financier significatif dans la prise d’un emploi à plein temps payé au SMIC : la valorisation du travail est le facteur fondamental de lutte contre le chômage volontaire.

- Le métier de chercheur d’emploi assure la réallocation de la force de travail vers les emplois les plus efficaces et constitue ainsi une source de croissance. Il faut donc le rémunérer comme tel. En mars 2002, il y avait 2,6 millions de demandes d’emplois enregistrées à l’ANPE et 1,8 million d’offres (et beaucoup se recoupent à l’intérieur d’un même secteur d’activité)

- Les auteurs analysent les mécanismes fran­çais et les comparent à ceux d’autres pays indus­trialisés pour constater leur inefficacité.

- Quelques suggestions suivent pour rendre le système français de gestion du chômage plus « productif », « sans attendre le retour de la crois­sance comme les anciens attendaient le retour de la pluie ». Elles reposent à la fois sur la revalori­sation du travail, des mesures d’incitation et de
soutien aux personnes, considérées comme préférables aux mesures de contrôle, une évalua­tion plus moderne des politiques de l’emploi, l’abandon de la création d’emplois publics pour lutter contre le chômage : la création de 100 em­plois publics détruit 150 emplois dans le secteur privé de fait de l’accroissement de la fiscalité, etc., etc.

JMS

Autres ouvrages dePierre Cahuc : "La nou­velle microéconomie" (La Decouverte, 11/1998)Avec André Zylberberg : "Microéconomie du travail" (La Découverte, 10/2002), "Le marché du travail " (De Boeck-Wesmael, 03/2001,"Écono­mie du travail - la formation des salaires et les déterminants du chômage" (De Boeck-Wesmael ;  10/1996) - Avec P. Granier : " Réduction du temps de travail, une solution pour l'emploi" (Economica, 10/1997) 

"Le chômage, fatalité ou nécessité ?" (Flammarion, 2004) Broché - 198 pages18,00 €




A propos de la dernière réédition (mars 2004)
du Que sais-je ? sur l’Aménagement du Territoire.

Visite au centre de documentation de la DATAR.

Philippe de Castelbajac




 
L
E "QUE SAIS-JE ?" que Jérôme Monod et moi avons écrit sur l’aménagement du terri­toire vient de faire l'objet d’une nouvelle édition, datée de mars 2004. L’ouvrage est prati­quement réédité tous les deux ans, ce qui permet de le tenir à jour.

Cette édition étant la dou­zième, j’en suis donc à ma dou­zième série de visites au centre de documenta­tion de la DATAR, et je voudrais profiter de cette occasion pour attirer l’attention sur l’enrichissement spectaculaire de la littérature sur le sujet depuis une dizaine d’années.

Le plus clair de cet enrichisse­ment est constitué d’ouvrages de prospective coédités par les édi­tions de l’Aube et la DATAR, et issus pour la plupart de travaux de groupes d’universitaires rassem­blés par la Délégation.

J’ai sous les yeux, en écrivant ces lignes, un fascicule publié par les éditions de l’Aube en octobre 2002 pour présenter cette produc­tion.

Je compte : 

- une série de 32 ouvrages édités de 1994 à 2000 sous le ti­tre général « prospective et ter­ritoire »,

- une autre série de 24 ouvra­ges parus en 2002 sous le titre « bibliothèque des territoires »,

- enfin 31 ouvrages édités hors série entre 1995 et 2002 et éga­lement destinés à creuser les problématiques de l’aména­gement. La plupart de ces ouvrages ont plus de 200 pages.

La DATAR a par ailleurs créé en 2000 une revue de prévisions à long terme, « Territoires 2020 ». Neuf numéros sont déjà sortis, chacun d’une centaine de pages.

C’est donc au total quelque 20 000 pages d’études prospec­tives qui auront été publiées. Il faut espérer que cet énorme ef­fort de réflexion, qui aura mo­bilisé plu­sieurs centaines d’universitaires (les livres ont souvent plusieurs auteurs), trou­vera sa traduction sur le terrain.

Cette littérature ne peut être convenablement exploitée dans le cadre du Que sais-je ?, dont le but est davantage de fournir des don­nées de base sur l’action des pou­voirs publics (aménager = disposer avec ordre) que d’observer les changements prévisibles à long terme dans l’organisation de l’espace, même si cette observa­tion reste obligatoire en toile de fond pour montrer les options possibles. Mais la DATAR, depuis le dé­but de 2002, s’est également attachée, d’une manière beau­coup plus modeste mais qui reste très complète, à mieux faire connaître l’aménagement actuel du territoire par des pu­blications à la Docu­mentation française. 

Il y a :

- 13 petits livres, parus sous le ti­tre général « Territoires en mou­vement » qui concernent essen­tiellement les moyens de l’aménagement. J’ai notamment relevé ceux qui concernent les fonds structurels européens, les contrats de plan Etat-régions, les « pays », la politique de la monta­gne ;

- quelques études particulières sur des préoccupations du mo­ment, parmi lesquelles je citerai, parce que les ayant particuliè­rement utilisées dans la rédac­tion du Que sais-je ?, « La France en Europe », « Quelles ambitions pour la politique des trans­ports ? » et « Les villes euro­péennes », ces deux études da­tent de 2003.

Si l’on ajoute les toujours précieuses publications de l’INSEE, celles de la Commis­sion européenne et quelques ouvrages divers, dont « L’exception territoriale, un atout pour la France », œuvre d’un groupe de travail réuni au Sénat par Jean François-Poncet, on peut dire que jamais les ob­servateurs et les acteurs de l’aménagement n’avaient eu une matière aussi riche à leur dispo­sition.

Je ne puis donc qu’inviter les membres du Cercle à rendre vi­site à la très accueillante équipe qui gère actuellement le Centre de documentation. 

Pour ma part, de toutes les mises à jour du "Que sais-je ?"
auxquelles j’ai dû procéder, celle-ci a été une des plus faci­les à rédiger.

Ph. d C.

Que sais-je ? - L' aménagement du territoire - Jérôme Monod, Philippe de Castelbajac

128 pages, 7,50 €, P.U.F.






Tribune libre - Libres opinions

C’est maintenant une tradition de la Lettre du Cercle : certains articles, propos ou opinions exprimés dans ces colonnes suscitent des commentaires, des réactions, parfois même un véri­table débat. Ces « Libres propos » constituent bien une « Tribune libre ». C'est conforme à l’esprit, à la vocation du Cercle : il se veut, entre autres choses, un lieu d’échange d’idées en­tre ceux que réunit la conviction de l’actualité de l’aménagement du territoire, et qui cher­chent à mettre leur diversité au service des acteurs de cette politique.

Plus encore que le super-marché : l’automobile

complément à "J'habite dans une zone blanche" de Ph. de Castelbajac (La Lettren° 20) 

Isabelle Lesens


Modestement, je voudrais ap­porter quelques com­pléments à la description, donnée par Philippe de Castelbajac, du désert que sont devenus les centre-bourgs "à cause des supermarchés". 

Je l'ai constaté assez largement moi aussi, on ne trouve plus d'épi­cerie, boulangerie, mercerie, jour­naux, tabac et bar... dans nos villa­ges. On n'y trouve plus non plus d'hôtels, ni de bureau de

poste. Ceci est assez gé­néral, même si chacun connaît telle ou telle exception : restaurant de campagne, hôtel de bon standing réperto­rié dans les guides, hôtel modeste logeant les ouvriers des chantiers du coin…

Tous ces établissements, re­marquez bien, se rem­plissent de personnes qui arrivent en automo­bile ou camionnette, et qui connaissent l'adresse. On ne peut pas compter trouver médecin, restaurant ou hôtel de campagne sans l'avoir prévu, contrairement à ce que nous faisons dans les villes.

aussi, je crois que ce ne sont pas les supermarchés qui sont la cause de la disparition des com­merces ru­raux, mais l'automobile. Car, grâce à elle, on peut tra­vailler en ville, y faire ses courses puis­qu'on y est déjà, faire jouer la concurrence, y aller pour un oui ou pour un non... C'est d'ailleurs aussi la mécanisation qui a re­tiré le travail des campagnes. Les super­marchés eux-mêmes profitent de l'automobile, car sans elle leur zone de chalandise serait trop petite. Ce faisant, ils tuent à leur tour, en effet, un certain nombre d'activités. Les hôtels disparais­sent, et avec eux les restaurants, car les automobilistes font des étapes longues sur lesquel­les 10 km en plus ne comptent pas ; ce n'est pas le cas du chemineau, du cavalier, du randonneur à pied, du cycliste. 

La dépendance à l'automobile s'accroît aussi natu­rellement par le fait qu'elle a pris tellement de clients aux lignes secondaires qu'elles ont perdu en crédibilité et ferment, ce qui aggrave la situation des non-automo­bilistes. De même, à force d’être fréquentées les rou­tes deviennent dangereuses (et plus le recours à l'automo­bile est aisé, plus on l'utilise), empêchant ou découra­geant les personnes de se rendre au bourg à bicyclette ou à pied. Seule solution finalement, démé­nager au bourg, faire étape dans les villes, y aller en auto. Et ôter en­core un peu plus de moyens de vivre à l'épicier ambulant, au café-journaux, au restaurant...

Solutions ?

- Se forcer à "vivre au village". Effets attendus : modestes. 

- Créer artificiellement des « multiples ruraux ». Cela se prati­que, assez largement dans certaines ré­gions, j'en ignore les résultats.

- Recréer un réseau de trans­ports collectifs. Cela n'a jamais été envi­sagé sérieusement.

- Développer les activités de loi­sir et de randonnée (équestre, pé­destre, cyclotouristique) et ren­forcer les chemins sécurisés. Cela commence. Ce sont ces « voies vertes » dont on parle ces temps-ci, et toutes mesures de sécurité à créer sur les routes. Mais elles sont encore insuffisantes, et les voies vertes souvent mal reliées aux villes. Déjà cependant les hôteliers et restaurateurs situés sur la "voie verte" de Bourgogne revivent. Ceux qui sont situés sur le Danube autrichien vivent du vélo à 100 %... 

- Considérer que la ville est l'avenir de l'humanité, et s'organi­ser : trop de voitures nous mène à l'asphyxie, donc développer mar­che à pied, vélo, transports pu­blics, dans des villes denses, aux fonc­tions mêlées, donc de trajets courts. C'est certainement le thème de réflexion en cours, dans les colloques comme dans les textes, en particulier les PDU (plans de déplacements urbains). Mais il y a loin du texte à la réalité... 

Ces 5 solutions sont sans doute à considérer, mais le débat reste ouvert.

I L 

Isabelle Lesens a voué son engagement personnel et son activité professionnelle à la défense et au développement de l'usage de la bicyclette. Ancienne chargée de mission à la DATAR (1982/1992), elle a été l'organisatrice de "Velo-city 2003" pour la Ville de Paris (cf La Lettre du Cercle n° 19, novembre 2003)
CR




Que sont les Parcs devenus? 

par Serge Malfois 1


 
L
E 1er mars 1967, sur pro­position de la DATAR, le gouverne­ment publiait un décret portant création d'une entité nouvelle, les Parcs. La circulaire d'ap­plication datée du 1er juin de la même an­née stipulait que les Parcs Natu­rels Régio­naux étaient créés « pour permettre le contact des citadins avec la nature, avec la vie ru­rale et certai­nes richesses naturelles et archi­tectu­rales. »

Quelques années plus tard, Robert Poujade, le premier Ministre de l'Envi­ronnement don­nait aux Parcs une orien­tation plus « aménagiste »car plus globale, en déclarant que « les Parcs Naturels Régio­naux étaient des zones pri­vilégiés d'Amé­nagementfin du Terri­toire » et François Giaccobi, le Président de la Fédération Natio­nale des Parcs estimait que « les Parcs Naturels

Régionaux devraient être les laboratoires de l'Amé­nagement Rural »Une véritablemission « d'Aména -gement et de dé­veloppement glo­bal » était donc confiée aux Parcs et il faut re­connaître que, pendant des années, ces nou­vel­les structures ont tenu une place impor­tante et reconnue dans la politi­que d'Aména­gement du Terri­toire. 

Mais les Parcs ont eu à su­birprogressivementles conséquences des disposi­tions législatives adoptées au cours des ans et qui ont quel­que peu perturbé leur voca­tion initiale : décen­tra­lisation, montée en puis­sance des intercommu­nali­tés, créa­tion des Pays, mise en œuvre des SCOT 2, etc.

Tout particulièrement, la création des Pays a suscité une très grande inquiétude chez les res­ponsablesdes Parcs.

« Parcs ou Pays, il faut choisir », disait la 

1a Fédé­ration des Parcs dans l'une de ses pu­bli­cations, parues au len­de­main de la loi Voynet. Cela n'a pas empê­ché les Conseils Régionaux, de­venus de­puis 1983 les véritables « patrons des Parcs » de continuer à en­courager la créationde nouveaux Parcs, estimant que le label, abon­damment exploité donnait une image valorisante du ter­ritoirerégional, en matière de cadre de vie.

Par ailleurs, alors que la vocation de « laboratoire » suppo­sait un nombre ré­duit de ces institutions (une quin­zaine, préconisait Ro­bert Poujade), la multi­pli­cation des Parcs (une cin­quantaine au­jourd'hui)n'a fait que les banaliser. 

Cette « boulimie » a en­traîné une autre consé­quence néfaste, car les moyens finan­

ciers ne sont pas illimi­tés et plus le nom­bre de Parcs est impor­tant, plus

la part de chacun est ré­duite. 

Les investissements ont donc fortement di­minué pour laisser place aux étu­des, animation, conseil et autres afin de maintenir le label et de conserver un effectif par­fois pléthori­que.

Le moment semble donc venu pour les Exé­cutifs ré­gionaux qui vont sortir des urnes le 28 mars pro­chain d'en­gager avec le législa­teur une réflexionen pro­fondeur sur la nouvelle finalité des Parcs Natu­rels Régionaux. 

A cet égard la DATAR, qui est à l'ori­gine de la création des Parcs devrait largement participer à cette ré­flexion.

SM



1Maire-adjoint de Pélussin, vice-président de la Communauté de Communes du Pilat rhodanien

SCOT : Schémas de cohérence territoriale

Le comité de lecture de La Lettre du Cerclereçoit et examine toute proposition d'article à insérer dans la Tribune libre. Il se réserve l'appréciation de l'opportunité de la publication. Les textes sont à adresser à Claude Rousseau, 3, place de Séoul, 75014 PARIS, autant que possible par messagerie électronique à clarou@free.fr, ou sur disquette, au format "*.rtf", ou "*.doc", ou "*.wps"…

« Aménager le territoire, c’est la plus belle façon d’aimer son pays et ses concitoyens »


Sur le site

http://www.cpat.asso.fr

La Lettre du Cercle

N° 21 - juin 2004

Directeur de publication :

- Hervé Nora, Président du Cercle

• Auteurs, Rédacteurs :

CatherineBersani

Philippe deCastelbajac

DenisCoton

Marie-ClotildeHingray

Jean-PaulLacaze

NoëlLebel

IsabelleLesens

SergeMalfois

JeanMarbach

ClaudeRousseau

Jean-MarieSimon

Édition :

Claude Rousseau,
Françoise Halper


Le Cercle

pour l’Aménagement du Territoire

HISTORIQUE

Le Cercle pour l’aménagement du territoireest une association régie par la Loi de 1901. Il a été fondé en 1991 par Hélène Roger?Vasselin et Claude Rousseau, alors chargés de mission à la DATAR (respectivement depuis 1963 et 1970), et Marc Nizery, ancien collaborateur extérieur de la DATAR, de 1964 à 1978.

Les membres du Cercle

Le Cercle rassemble aujourd’hui 220 membres, qui sont, ou ont été des acteurs de l’aménagement du territoire. Ils sont actuellement anciens ministres, parlementaires, anciens délégués et directeurs à la DATAR, préfets, hauts fonctionnaires, présidents directeurs généraux et dirigeants de grands groupes industriels et d’établissements financiers, chefs d’entreprises de toutes tailles, membres de professions libérales, amé­nageurs locaux, commissaires à l'aména­gement, à l'industrialisation ou à la re­conversion, chargés de mission ou colla­borateurs extérieurs de la DATAR.

Hommes et femmes de terrain, de pouvoir ou d'influence, tous portent un intérêt particulier au territoire français, à son développement économique et à son aménagement. Ils gardent vif le souvenir du climat particulier de pragmatisme et d’efficacité dans lequel la DATAR a travaillé depuis les années soixante, et dont tous les partenaires de la Délégation ont été fortement marqués. Ils ont sou­haité en adhérant au Cercle retrouver et entretenir ce climat, et continuer à agir, dans le cadre du statut de l’association, sur les aspects territoriaux et spatiaux de l’évolution économique et humaine du pays. Ils considèrent que la pleine mise en valeur du territoire national et la re­cherche de la meilleure performance économique, dans le contexte européen et mondial du vingt et unième siècle, ne sont pas indifférentes à la répartition géographique des activités et de la popu­lation, et que cette répartition nécessite l'adhésion de l'opinion publique.

Toutes les sensibilités politiques sont représentées dans le Cercle. Toutes les approches de la problématique de l’aménagement du territoire peuvent y être abordées. Sa crédibilité se fonde sur l’indépendance d’esprit et d’expression de ses membres, sur leurs compétences très diverses, leur expérience et l’élévation de leurs motivations.




Amis lecteurs, faites-nous part de vos réactions sur cette Lettre du Cercle, de vos réflexions sur les sujets et les thèmes abordés…

Ces colonnes sont les vôtres, que vous soyez membres du Cercle ou que vous ayez simplement le désir d'exprimer des idées touchant de près ou de loin à l'aménagement du territoire. A vos plumes donc, ou plutôt à vos claviers… (les manuscrits nous posent un petit problème de main d'œuvre, mais lorsqu'ils sont géniaux…)



[1]avec aussi les impressions de J-M. Simon, Isabelle Lesens, Hélène Roger-Vasselin, Jean Roger-Vasselin
[2]Au cœur des Alpes bavaroises, Berchtesgaden est à la fois une station de sports d'hiver et une ville thermale. C'était aussi le lieu du "nid d'aigle" d'Hitler.
[3]Élu d'Albertville, ancien Président du Conseil Général de la Savoie, organisateur avec Jean-Claude Killy des JO d'hiver de 1992.
[4]Les Carpates (ou Karpates) : Au cœur de l'Europe, cette chaîne de montagnes, formée au tertiaire, s'étale de Vienne aux Portes de Fer sur plus de 1500 km, suivant la forme d'un arc dont la corde serait le Danube. À l'ouest, les Carpates sont prolongées par les Alpes ; au sud-est, elles rejoignent les Balkans. Elles contournent par le nord la dépression de Pannonie. Leur altitude moyenne est de 900 m, avec des sommets culminant à plus de 2500 m. Cette chaîne appartient au système alpin.
[5]Université de Technologie de Troyes
[6]"Prime d'Aménagement du Territoire", prime à la création d'emplois
·Ancien chargé de mission à la DATAR, membre du Cercle