Cercle pour l'aménagement du territoire


HOMMAGE A DENIS COTON, par Michel Guigue

Denis Coton nous a quittés le 3 septembre, entouré de ses sept enfants et dix-neuf petits enfants, son épouse étant décédée il y a un an, et son fils aîné en 1991.

Né en 1927 dans le Pas-de-Calais, il vînt en 1944 à Grenoble où il obtint son CAP d’avocat (nous nous sommes connus à la Faculté de Droit) et prépara à l’IEP son concours d’entrée à l’ENA (1952-1954).

Sa carrière professionnelle montre qu’il fût souvent acteur efficace de politiques publiques nouvelles. D’abord Administrateur au Ministère de l’Industrie, il est, de 1954 à 1963, rapporteur au Comité des investissements étrangers et à celui de la Productivité.

Ensuite, chez Renault, il est, pendant dix ans, Directeur juridique et immobilier, en charge notamment des implantations. Il y a notamment à son actif celle de l’usine d’assemblage de Douai.

C’est fort de cette expérience qu’il propose à la DATAR, en 1974, pour promouvoir les activités tertiaires dans les Régions, de créer, sur le modèle du « Location of Offices Bureau (LOB) » britannique, l’Association Bureaux-Provinces. Celle-ci, qu’il a dirigée jusqu’en 1981, regroupait la plupart des grandes villes ou leur Chambre de Commerce, des conseils en immobilier d’entreprise (dont Auguste Thouard et Bourdais) et la DATAR.

Il est nommé, en 1981, directeur de cabinet de Charles Fiterman, ministre des Transports, et participe activement à la Loi d’Orientation des Transports Intérieurs (LOTI). Fin 1982, il est appelé par le Directeur Général de l’Industrie, Louis Gallois, à la tête de la Direction de la Qualité et de la Sécurité industrielles et nommé Commissaire à la Normalisation. De 1988 à 1993, il est Inspecteur Général de l’Industrie et du Commerce, et contribue au Traité de la Qualité Totale (1990) dont il rédige notamment la partie consacrée au « Rôle des Etats dans l’essor de la qualité ».

Retiré à Troyes, il publie alors deux livres biographiques sur des personnages locaux hors du commun, qui l’ont conduit à étudier la société troyenne de leur époque.

- En 2001 : « La vie héroïque de Marguerite Bourgeoys » (1620-1700), religieuse troyenne qui fonda, dans la « Nouvelle France », la Congrégation de Notre Dame de Montréal (aujourd’hui 1 800 sœurs dans le monde) et fût canonisée en 1982. L’auteur a voulu « aborder, d’un point de vue profane, une vie peu connue, pour gagner un public plus large ».
- En 2005 : « Un député-maire de Troyes, René Plard (1888-1946) ». D’abord ouvrier, puis avocat et journaliste, il occupa le devant de la scène politique troyenne entre 1920 et 1940.

Denis Coton avait la soif de connaître et la passion de transmettre. Avec un esprit permanent de responsabilité, il a toujours su concilier son rôle de chef de famille et de grand serviteur de l’Etat.

A sa force de travail s’ajoutaient sa faculté d’anticiper, son imagination et son courage ; mais aussi son humour et sa modestie.

Denis Coton fût vraiment, sur un plan personnel comme en société, un grand humaniste

MG

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